Le blog qui prend le temps de s’énerver
2 avr
Cette semaine on apprend que l’Autorité des marchés financiers (AMF) a confirmé les soupçons de délits d’initiés envers 17 dirigeants d’EADS et le lancement d’une procédure de sanctions.
Pour rappel, en 2006, suite à l’annonce d’un retard de plusieurs mois du programme Airbus 380, l’action de la maison-mère EADS avait plongé de près de 30%.
Or il a été rapidement révélé que des dirigeants avaient vendu leurs actions quelques semaines plus tôt.
En ce début d’été 2006, ces personnes, dont le président Noël Forgeard, ont juré ne rien connaître de l’éventualité de ces retards.
Pourtant, à cette époque, tout Toulouse bruissait de rumeurs concernant l’A380.
Je ne travaille pas pour Airbus ni pour aucun de ses sous-traitants, mais je suis Toulousain. Ici tout le monde connait quelqu’un qui travaille pour Airbus. Depuis plusieurs mois, il était évident pour ces salariés que les plannings étaient intenables.
Les medias parisiens, y compris les “spécialistes” de l’aéronautique, ont semblé découvrir l’existence de ces retards le jours de l’annonce officielle. Quelle plaisanterie !
Alors si toute une ville savait, comment des dirigeants pouvaient ignorer la situation ?
Cette histoire est une vaste hypocrisie et je peux d’ores et déjà vous annoncer un autre scoop : l’A400M (Airbus militaire) ne tiendra pas non plus le planning initial.
Il suffit de demander à quelques toulousains…
20 mar
Article plus léger parlant de sport, et pourtant…
Ce week-end se tiendra le Classico du rugby français : Stade Français - Stade Toulousain.
Le Stade Toulousain, grand pourvoyeur d’internationaux (comme Paris ou Clermont), a décidé de laisser au repos la majorité de ces meilleurs joueurs; chose tout à fait compréhensible quand on sait que ces joueurs ont enchainé les matchs de haut-niveau depuis des semaines.
Le Stade Français a d’ailleurs eu la même politique la semaine dernière lors de son déplacement à Clermont-Ferrand en alignant une équipe composée de 9 joueurs issus de l’équipe juniors et en perdant 50 à 12. Rien de choquant, c’est ce que les sportifs appellent le coaching.
Là où tout devient plus étonnant c’est quand le président du Stade Français, le médiatique Max Guazzini, s’exclame : “Toulouse ne parviendra pas à gâcher notre belle fête… Le problème avec Toulouse, c’est qu’ils pensent être la capitale du rugby. Pardon d’exister ! Il y a aussi Clermont, Biarritz, le Stade Français et bien d’autres encore. (…) Je comprends bien que l’on fasse souffler certains internationaux qui ont beaucoup joué. Nous aussi, on propose une équipe un peu mixte. Mais il ne faut pas galvauder le Stade de France“.
Il est donc tout à fait normal de galvauder le stade Marcel-Michelin de Clermont ? C’est probablement ce que pense Max Guazzini.
Le public de province est encore une fois considéré comme un sous-public par rapport au public parisien.

Ah, petit détail, Paris ne représente que 1/6 de la France…
Appeler son équipe Stade Français est déjà une preuve de ce parisianisme, comme si une équipe parisienne était forcément l’équipe des français; Stade Parisien serait plus juste et probablement moins prétentieux, non ?
Mais quoi qu’il en soit, que le meilleur gagne !