Le blog qui prend le temps de s’énerver
23 juil
Depuis hier et la sortie du numéro 1089 du journal Auto-Plus, un populisme de bon ton est en vogue sur le web et à la télé.
L’enquête du journal automobile pointe du doigt les députés ou ministres qui roulent dans des limousines toutes neuves et toutes propres.
En « période de crise » (terme à la mode permettant d’enchainer sur n’importe quel sujet), ces dépenses choquent apparemment.

Pourtant, quand on creuse un peu, les limousines ne sont en fait que des Citroën C6 qui viennent en remplacements des anciennes.
Alors, on peut effectivement râler sur le monopole de Total pour le réapprovisionnement en essence ou les points-cadeaux offerts aux chauffeurs (on s’étonne moins de l’électricité offerte aux agents EDF ou des billets de train à la SNCF) et il y a très probablement des économies d’échelle à mettre en place.
Mais ce qui m’agace par dessus tout, ce sont tous ces gens qui se plaignent de voir les ambassadeurs, ministres et autres représentants de l’Etat être entourés de luxe.
Imaginez un haut-dignitaire recevant son homologue étranger au volant d’une Toyota Aygo et l’invitant dans un restaurant asiatique du 13ième arrondissement. Ce serait un scandale d’état !
Le foie gras, la haute-couture, les belles voitures, les châteaux, c’est la France. Les représentants de l’Etat se doivent d’être irréprochable à ce sujet.
N’oublions pas que le luxe est LA marque de fabrique de la France et que les 70 millions de touristes annuels viennent dépenser leurs dollars chez nous en grande partie grâce à cette belle vitrine.
Et puis méfions-nous de toutes ces personnes qui parlent bien plus qu’ils n’agissent réellement.
N’est-ce pas monsieur Mamère ?!? ;-)
10 déc
Ce matin, la presse s’enflamme à la suite de l’interview de Bernard Kouchner accordé à Aujourd’hui en France.
Et forcément, il y a de quoi si on se place du côté de Rama Yade :
« On ne peut pas diriger la politique extérieure d’un pays uniquement en fonction des droits de l’Homme. Diriger un pays éloigne évidemment d’un certain angélisme. [...] J’ai eu tort de demander un secrétariat d’état aux Droits de l’Homme »
Pourtant, aucun journaliste ne remet les choses dans leur contexte.
Cet interview a été réalisé dimanche. A cette date, Rama Yade avait été désigné par Nicolas Sarkozy pour diriger la liste UMP aux Européennes en l’Ile-de-France.
Il fallait donc justifier la suppression de ce secrétariat d’état. Bernard Kouchner a été envoyé au front pour cela.
Hélas, grain de sable en début de semaine, Rama Yade refuse le poste offert par le président, plus d’élections européennes pour elle. L’interview est pourtant déjà dans la boîte… Aujourd’hui, à sa sortie, c’est le bug médiatique !
Moi, ce qui me choque le plus, c’est que tout cela avait été orchestré d’en-haut en ommetant une simple détail : demander son avis à la prinicpale intéressée ! A moins qu’on n’imaginait pas qu’on puisse refuser un ordre du Très-Haut…
5 déc
Jusqu’à il n’y a pas si longtemps, Internet était plutôt vu comme une curiosité par les médias traditionnels et les hommes politiques.
Depuis l’été dernier, le regard change de plus en plus : la curiosité est remplacée par l’inquiétude face à la nouveauté.
En avant-poste il y a bien sûr Nadine Morano qui profite de chaque faits divers pour revenir à la charge.
Elle est d’ailleurs aussi l’initiatrice de la campagne de sensibilisation des parents aux dangers d’internet.
Cette campagne, très bien réalisée (au doublage près), met cependant dans un même panier les pédophiles, les néo-nazis et les jeux vidéos !
Et puis, il y a la télévision.
Sur les plateaux, ce sont des psychologues qui parlent d’internet et les stars du Net sont toujours présentés comme des geeks milliardaires sans vie sociale et jamais comme de vrais chefs d’entreprise.
Envoyé Spécial au top
Hier soir, sur France 2 dans Envoyé Spécial, on a atteint le summum du ridicule avec le reportage consacré à Facebook.
Après quelques petites minutes de présentation du service, les journalistes axent tout sur le prétendu « côté obscur » pendant près de 30 minutes à grand coup de stéréotypes et d’approximations :
On a droit aussi à deux petites pouffes de 14 ans qui se vantent de pouvoir trouver de la drogue sur le réseau. Elles en profitent pour nous dire qu’elles ont été draguées par un « vieux » de 50 ans.
Rien de bien différent par rapport à la vie réelle.
Bien sûr, on n’échappe pas non plus au sempiternel « Big Brother » et aux publicités ciblées (amusant pour des gens qui se plaignent de ne plus pouvoir en placer avant leur émission…).
Le reportage se termine par un conseil sur le plateau : ne pas s’inscrire sur Facebook !
Décalage générationnel
Pour ma part, l’explication principale est le fossé technologique qui s’est créé ces dernières années.
Depuis les années 60, on avait surtout eu des avancés sociales et culturelles (féminisme, musique, cinéma…) mais très peu technologiques. Mes parents avaient déjà la télé couleur, le téléphone ou les voyages en avion.
Et puis, en 10 ans, sont arrivés les ordinateurs dans tous les foyers, internet, les mobiles…
Imaginez par exemple que les enfants aujourd’hui au collège n’ont pas connu un monde sans Internet, téléphone portable ou GPS !
Les mentalités des plus anciens n’ont pas encore intégré ces nouvelles façons de vivre (Twitter, Facebook, Messenger…) et les plus jeunes n’ont rien connus d’autres.
Faudra-t-il attendre que ces jeunes soient adultes pour entendre parler des côtés bénéfiques d’Internet ?
Espérons que non. Mais il restera toujours ce mal bien français : tout ce qui est nouveau est suspect.
PS : Vous pouvez trouver l’émission sur Youtube
PS 2 : Un groupe contre le reportage d’Envoyé Spécial a été créé sur… Facebook !
PS 3 : Pas de « J’ai aussi été énervé par… » cette semaine car tout est dit dans ce long billet.
PS 4 : Certains journalistes comprennent quand même l’intérêt du net. Je vous conseille particulièrement cet article sur Twitter dans Le Monde.
25 nov
En tout cas, c’est le souhait du député UMP Yanick Paternotte.
Cette grande réforme de l’audiovisuel qui doit nous apporter des programmes de qualité et ce dès 20h35 commence (continue ?) à montrer son vrai visage.

En effet, imaginons : il est 20h35, sur France 2 commence un documentaire de Yann Arthus-Bertrand. Pendant ce temps, sur TF1 et M6, un tunnel de publicités de 15 minutes commencent à peine. Vous regardez quoi ?
Alors forcément c’est chouette, enfin France Télévision va faire de l’audience.
Mais maintenant, imaginons toujours, les patrons de TF1 et M6 sont de super copains et vous venez de les priver d’un nombre substantiels de cerveaux disponibles… Ils vous font la gueule !
Et c’est d’autant plus dommage que vous leur aviez divisé par deux la taxe sur les publicités (qu’à eux puisque les chaînes de la TNT n’avaient pas la chance de rentrer dans les termes de cette disposition…).
Alors si vous êtes député, vous proposez une loi qui oblige France Télévision à diffuser des programmes insupportables pendant que vos amis servent de la publicité à plein tarif.
Les programmes chiants, en langage politique, ça se dit : « l’éducation sanitaire et sociale, le développement durable, l’instruction civique et citoyenne et l’Union européenne ».
Tout ceci nous amène donc à l’amendement suivant qui a été déposé par Yanick Paternotte :
« Les créneaux libérés par les messages publicitaires sur les chaînes publiques seront dédiés à la diffusion de spots ayant pour thèmes : l’éducation sanitaire et sociale, le développement durable, l’instruction civique et citoyenne et l’Union européenne »
Et voilà le tour est joué !
Et pendant ce temps, le PS s’étripe…
24 oct
Depuis ma cabane au Canada, je suis tombé là-dessus.
Je n’ai pas pu m’empêcher de vous relayer ces images.
Bel exemple du peu de cas qui est fait des dernières volontés d’un défunt quand la politique et les médias sont de la partie…
23 sept
Tout le monde parle de la crise financière actuelle.
Pour ma part, je ne sais pas par quel bout la prendre tellement de choses m’énervent là-dedans.

Mais c’est plus particulièrement la façon dont les instances politiques la traitent qui me révolte le plus : on a l’impression de faire face à une catastrophe naturelle !
Pourtant, il faut quand même rappeler que tout cela est dû à des personnes qui ont pris de trop gros risque pour gagner le plus d’argent possible, souvent sur le dos des familles américaines.
On va donc renflouer ces entreprises pour que tout reparte comme avant.
Est-ce qu’on épongerait les dettes d’un père de famille qui a perdu toutes ces économies au casino ? C’est pourtant le même problème, le père de famille pensait pouvoir faire fructifier son argent rapidement mais le risque était trop important.
Et si comme moi vous avez du mal à suivre, télécharger cette BD (en PDF, mal dessinée et traduite par Rue89) qui vous expliquera tout cela dans le détail mais le plus simplement du monde.
Enfin, cette crise n’a pas que des défauts, l’incontournable Topito a d’ailleurs listé tous les avantages !