Le blog qui prend le temps de s’énerver
15 juil
Pas bête comme idée, non ?
En tout cas, c’est la dernière grande illumination de deux de nos ministres : Roselyne Bachelot et Dominique Bussereau.
Suite à l’accident de car sur l’A6 qui a fait un mort et plusieurs blessés graves, ces ministres s’interrogent en effet sur la possibilité d’interdire les transports d’enfants les week-end de grands départs !
Dans la presse, cela n’a choqué aucun journaliste (faut reconnaître qu’ils sont trop occupés à étudier le planning d’Ingrid Bétancourt).
Interdire aux enfants de circuler pour qu’ils n’aient pas d’accident…
En fait, c’est tellement évident que je suis même étonné qu’on n’y ait pas pensé plus tôt !
D’ailleurs, pourquoi ne pas interdire les voitures pour supprimer les accidents ?!? Humm…
Si cette nouvelle lubie devait se transformer en loi, je souhaite du courage aux clubs de foot pour rejoindre les tournois de Pentecôte ou aux organisateurs de colonies de vacances !
13 juin
Sur le modèle de l’excellent Topito, voici un petit top non exhaustif de ces petites choses qu’on nous fait accepter pour le bien de la communauté.
Des petites choses qui, mises bout-à-bout, nous réduisent considérablement notre espace de liberté.
1. Ne plus fumer sa clope après un bon repas (ou être propriétaire d’un bar à chicha), parce que le tabac c’est tabou
2. Filtrage d’internet : oui mais bon… il y a des pédophiles sur la toile
3. Des caméras à tous les coins de rue : Allons ! Si vous n’avez rien à cacher, il n’y a rien à craindre !
4. Des fromages forcément pasteurisés : le lait cru on ne sait jamais… et puis les américains ils n’aiment pas
5. La fin des happy hours : si vous êtes contre, c’est que vous êtes pour que les jeunes se tuent en voiture le week-end
6. Nous vendre de la musique bourrée de DRM : vous ne pouvez l’écouter que sur votre PC mais au moins on est sûr que vous avez payé. Pascal vous dit merci !
7. Refus de l’accompagnement des pères lors des sorties scolaires : comme ça pas d’abus sexuel !
8. Les corridas c’est pas bien : le taureau il n’a aucune chance, c’est pas comme les boeufs dans les abattoirs… ah ouais, c’est pas un bon exemple…
9. Stocker toutes vos allers et venues sur le web pendant 2 ans : surement pour nous aider à retrouver notre mot de passe perdu…
10. Prendre un coupe-ongles dans l’avion : “Bijour missieur li commandant di bord, ji voudrais vous faire oune manicoure…”
A vous de compléter ce top dans les commentaires…
30 mai
Depuis ce matin on ne voit que des titres du type “Pas vierge ? Mariage annulé“.
C’est simple à comprendre, tout le monde peut alors donner son avis mais c’est faux.
Le TGI de Lille a annulé un mariage suite à la demande d’un homme qui estime avoir été trompé, sa femme lui ayant dit qu’elle était vierge.
Le tribunal s’est basé sur l’article 180 et sur le caractère mensonger puisque la loi dit : “…S’il y a eu erreur dans la personne, ou sur des qualités essentielles de la personne, l’autre époux peut demander la nullité du mariage…”.
Et alors ?
Pourquoi cet emballement médiatique et politique ?
Tout simplement parce que le mariage était un mariage musulman.
Et là, tous les ingrédients d’une affaire télégénique sont présents : sexe et religion !
L’indignation de la semaine est alors toute trouvée. C’est facile à comprendre, c’est polémique.
Seulement, le jugement ne parle ni de l’un ni de l’autre.
Et si le sujet peut choquer (non-virginité = rupture de mariage), la justice n’est pas critiquable dans ce cas.
Il serait enfin tant que les media comme les hommes politiques prennent leurs responsabilités et arrêtent de jeter de l’huile sur le feu dès qu’un sujet peut les mettre en avant.
En particulier dans le cas des religions qui n’ont pas besoin de ça pour attiser les passions.
23 mai
Le week-end approche, les glaçons sont déjà prêts, il ne reste plus qu’à remplir nos verres…
Hélas, l’apéro, cet instant de convivialité ne semble pas plaire au gouvernement.
La mission interministerielle contre les drogues et la toxicomanie (MILDT) veut en effet interdire les Happy Hours et autres Open Bars.
Pour donner l’impression de s’attaquer aux vrais problèmes de société, le gouvernement semble appliquer la méthode “Un jour, Une loi”.
Or, par définition, une loi est restrictive. Les français ayant déjà l’impression d’être oppressé, il ne reste qu’une seule solution : taper sur ceux qui ne votent pas.
Dans notre cas, ce sont les jeunes qui trinquent (si je peux me permettre…).
Cheminement de création d’une loi
L’alcool tue ? OK, on va réduire la consommation des jeunes, ces gens irresponsables.
Mais comment bien les cibler sans toucher les électeurs (vin, bar-tabac…) ? En visant leur propre type de consommation bien sûr !
Et voilà comment on en arrive à cette joyeuse idée d’interdire les Happy Hours. Et tant pis pour leur pouvoir d’achat, la convivialité ou la vitalité des centres ville…
A ceux qui râlent, la réponse est toute trouvée : “Quand on voit ces jeunes qui se tuent sur les routes, vous ne pouvez pas être contre nous, nous voulons sauver des vies en devenir !”.
L’avantage de cette réponse, c’est qu’elle marche pour toutes les restrictions de liberté individuelle.
Sale temps sur nos terrasses…
21 mai
Cela fait quelques temps que j’attendais un exemple criant pour vous parler d’un truc énervant : le pouvoir des chiffres.
C’est finalement les heures supplémentaires qui m’en donnent l’occasion.
Cette semaine, le gouvernement se félicite devant le nombre d’entreprises qui utilisent ces heures depuis la création de la loi de défiscalisation.
Laurent Wauquiez, secrétaire d’état à l’emploi, nous apprend que “59 % des entreprises en ont bénéficié : une progression régulière après 54,5 % en février, 51 % en décembre”.
“Super, me dis-je, voilà que le pouvoir d’achat des salariés concernés va exploser !”.
Mais…
Un autre chiffre m’a stoppé dans mon euphorie : le volume d’heures sup’ a diminué de 5 millions dans le même temps.
De 47 millions d’heures en décembre, les salariés ont bénéficié de 42 millions d’heures en février et mars.
Sans parler du fond
Je ne me prononce pas sur le réel impact de cette loi, cependant cet exemple montre clairement que des chiffres bien présentés peuvent embellir une situation pas forcément si reluisante que ça.
Et inversement…
20 mai
Quelle honte !
Ce 13 mai à l’Assemblée Nationale, la gauche a voté une Motion de Procédure sur la loi sur les OGM, 136 voix contre 135.
Devant les caméras, les députés de gauche ont bondi de joie sur leurs fauteuils.
Mais qu’ont-ils gagné ?
Ils ont simplement stoppée la procédure normale de l’élaboration de la loi. En particulier, le débat sur les amendements ne pourra avoir lieu.
D’ailleurs, 3 jours plus tard, une commission mixte paritaire a voté la loi dans son ensemble.
La gauche, qui a déjà fait face à cette situation quand elle était au gouvernement, connaissait bien sûr cette conséquence.
Si les députés ont bondi de joie, c’est otut simplement que cette victoire leur a permis de ne pas avoir à se prononcer sur les OGM, sujet qui fait débat dans la gauche plurielle…
De son côté, la droite ne sort bien évidemment pas la tête haute de cette histoire puisqu’elle explique ce cafouillage (couac il faut dire !) par un problème technique.
Le problème est tout autre et concerne la cohésion de façade de la majorité.
Mais les plus grand perdants sont encore une fois les électeurs qui n’auront pas eu droit à un débat de fond et un vrai positionnement des grands partis sur le sujet.