Le blog qui prend le temps de s’énerver
3 juin
Nouvelle épisode dans la série Les Girouettes.
La ministre de la justice, Rachida Dati, a du mal à se positionner sur l’affaire de la vierge et du mariage annulé.
Vendredi à Agen, elle soutient le jugement : “La décision civile, avec le consentement des deux parties, a été prise par un critère juridique, qui a été une erreur sur la qualité essentielle de la personne pour une des parties.”
Aujourd’hui (mardi), Rachida Dati demande au parquet de faire appel de cette décision.

Cette histoire va avoir une conséquence simple : une femme va se retrouver à nouveau mariée avec un homme qui ne la veut pas.
30 mai
Depuis ce matin on ne voit que des titres du type “Pas vierge ? Mariage annulé“.
C’est simple à comprendre, tout le monde peut alors donner son avis mais c’est faux.
Le TGI de Lille a annulé un mariage suite à la demande d’un homme qui estime avoir été trompé, sa femme lui ayant dit qu’elle était vierge.
Le tribunal s’est basé sur l’article 180 et sur le caractère mensonger puisque la loi dit : “…S’il y a eu erreur dans la personne, ou sur des qualités essentielles de la personne, l’autre époux peut demander la nullité du mariage…”.
Et alors ?
Pourquoi cet emballement médiatique et politique ?
Tout simplement parce que le mariage était un mariage musulman.
Et là, tous les ingrédients d’une affaire télégénique sont présents : sexe et religion !
L’indignation de la semaine est alors toute trouvée. C’est facile à comprendre, c’est polémique.
Seulement, le jugement ne parle ni de l’un ni de l’autre.
Et si le sujet peut choquer (non-virginité = rupture de mariage), la justice n’est pas critiquable dans ce cas.
Il serait enfin tant que les media comme les hommes politiques prennent leurs responsabilités et arrêtent de jeter de l’huile sur le feu dès qu’un sujet peut les mettre en avant.
En particulier dans le cas des religions qui n’ont pas besoin de ça pour attiser les passions.
19 avr
Cette semaine aura été marquée le retour sur le devant de la scène judiciaire de deux grands représentants du Web 2.0 français : Wikio et Fuzz.
Deux cas différents d’un point de vue juridique mais des conséquences similaires pour la communauté Internet française.
Wikio avait gagné dans un premier temps la partie face à Olivier Dahan, cependant cela s’était joué principalement sur la forme et non le fond. Olivier Dahan revient donc à la charge en s’attaquant aux mentions légales de Wikio.
De son côté, Fuzz avait perdu en première instance son procès express face à Olivier Martinez. Ce jugement avait laissé un gout amer et la sensation d’un jugement basé sur la méconnaissance du monde Internet. Or Eric nous apprend aujourd’hui qu’il va faire appel.
Ces deux procès, même s’ils sont avant tout déterminants pour les personnes attaquées, auront un retentissement énorme pour le Web français.
Les députés ont d’ailleurs commencé à prendre la mesure du problème et parlent déjà de LCEN 2.0. Encore une fois, la loi ne suit pas les évolutions technologiques. Mais peut-on blâmer le législateurs ? Je suis le premier à m’indigner des lois votées à la va-vite pour coller à l’actualité.
Ces deux affaires concernent des people qui pensent que leur vie privée a été violée. Pourtant, les deux ne s’attaquent qu’aux agrégateurs de liens sans toucher aux sites à l’origine de ces rumeurs. L’article incriminé dans l’affaire Fuzz est d’ailleurs toujours en ligne et le site n’est pas inquiété par la justice.
Alors même si les prochains mois s’annoncent difficiles pour les parties attaquées, les jugements auront force de lois. Bien mieux qu’une nouvelle loi, s’ils sont basés sur le fond et équilibrés, ceux-ci feront jurisprudence et clarifieront la situation une bonne fois pour toute.
En attendant soutenons Eric Dupin et l’équipe de Wikio qui vont en avoir bien besoin…
2 avr
Cette semaine on apprend que l’Autorité des marchés financiers (AMF) a confirmé les soupçons de délits d’initiés envers 17 dirigeants d’EADS et le lancement d’une procédure de sanctions.
Pour rappel, en 2006, suite à l’annonce d’un retard de plusieurs mois du programme Airbus 380, l’action de la maison-mère EADS avait plongé de près de 30%.
Or il a été rapidement révélé que des dirigeants avaient vendu leurs actions quelques semaines plus tôt.
En ce début d’été 2006, ces personnes, dont le président Noël Forgeard, ont juré ne rien connaître de l’éventualité de ces retards.
Pourtant, à cette époque, tout Toulouse bruissait de rumeurs concernant l’A380.
Je ne travaille pas pour Airbus ni pour aucun de ses sous-traitants, mais je suis Toulousain. Ici tout le monde connait quelqu’un qui travaille pour Airbus. Depuis plusieurs mois, il était évident pour ces salariés que les plannings étaient intenables.
Les medias parisiens, y compris les “spécialistes” de l’aéronautique, ont semblé découvrir l’existence de ces retards le jours de l’annonce officielle. Quelle plaisanterie !
Alors si toute une ville savait, comment des dirigeants pouvaient ignorer la situation ?
Cette histoire est une vaste hypocrisie et je peux d’ores et déjà vous annoncer un autre scoop : l’A400M (Airbus militaire) ne tiendra pas non plus le planning initial.
Il suffit de demander à quelques toulousains…
27 mar
Voilà une sale journée pour le Web français, Eric Dupin nous annonce que Olivier Martinez a fait plier Fuzz.
D’après les premières informations, il semblerait que la condamnation consiste à 1000 euros de dommages et intérêts et 1500 euros de frais de justice.
On est bien loin des sommes demandées à l’origine. Cependant cela reste une comdamnation qui pourra faire mal au principe-même du Web 2.0.
Reste à voir maintenant si l’attaque ne se focalisait que sur les petits sites puisque aujourd’hui le journal Libération fait état de la rumeur !
Eric, on est plus que jamais tous avec toi.
13 mar
En l’espace de quelques jours, le Web 2.0 français se retrouve ébranler par plusieurs affaires très similaires.
Wikio.fr, Lespipoles.com et Fuzz.fr se retrouvent devant les tribunaux pour l’apparition sur leur site d’un lien pointant vers des informations “people” d’un autre site.
Tous ces sites sont des agrégateurs de liens (des Digg-like comme on dit). Ils ne font que regrouper par catégories des liens vers des articles et ceci de façon automatique. Il n’y a aucune intervention du webmaster , en effet ça serait un peu comme demander à Google de vérifier la légalité de tous les liens qu’il propose !
Et pourtant, ces petits sites qui ne dégagent que très peu d’argent se retrouvent face à des stars médiatiques qui leur demandent des sommes faramineuses.
Eric de Fuzz.fr se retrouve donc un beau matin face à un huissier lui apportant une assignation en référé car son site a fait référence à un article (simplement le titre) d’un blog people. Pas de coup de fil avant, pas d’avertissement, simplement une assignation et une demande de dommages et intérêts de 30.000 euros ! Un simple mail aurait surement suffit à faire disparaître le lien (pour information, ce serait le cas pour ce site !!!).
Olivier Dahan (réalisateur de La Môme) a, pour sa part, envoyé devant les tribunaux Wikio.fr pour un lien vers le site Gala.fr. Heureusement, Wikio vient d’avoir gain de cause dans cette affaire.
Enfin, on peut citer Jean-Marc Morandini qui vient de trainer iMedias.biz devant la justice pour avoir relayé une séquence hébergée sur Dailymotion dans laquelle Raphaëlle Richi s’en prenait à l’animateur de W9. Bien sûr, il demande 20.000 euros de dommages et intérêts.
Dans toutes ces affaires, on notera que les informations (ou rumeurs) incriminées avaient été largement diffusées par de grands media (presse, TV…) mais ce sont les petits sites qui sont pris pour cible.
Espérons que cette nouvelle mode s’arrêtera là pour ne pas freiner les ardeurs créatives de la communauté 2.0 française…
Et en attendant je soutiens tous ces webmasters qui en ont bien besoin.
[Mise à jour du 18 mars]
Eric nous apprend que le plaignant est Olivier Martinez et que sa chasse concerne d’autres sites web, plus d’infos sur Presse Citron.