Le blog qui prend le temps de s’énerver
22 sept
Ségolène Royal a bien du mal à trouver un nouveau souffle depuis ses défaites électorales successives.
Elle s’est probablement dit que le mieux était donc de repartir de zéro et d’écouter sa base.
Mais attention, pas sur les marchés en serrant des paluches ! Non, non, à la mode 2.0.

On ne reviendra pas sur l’épisode du lancement de son nouveau site Désirs d’Avenir qui lui a couté 42.000 euros et un raz-de-marée de rires désespérés sur Internet.
Je vous conseillerai simplement cette parodie qui résume à elle toute seule la vision futuriste de ce nouveau site.
Non, je vous parlerai plutôt de ce mot qui fait rêver les plus hypes de nos politiciens : « Twitter » (c’était « Facebook » en 2008 et « Blog » en 2007).
Et j’en viens donc à l’élément qui me fait bien rire et qui est révélateur de l’esprit de nos politiciens.
Quand on va sur le compte Twitter de la présidente de Poitou-Charentes, on voit que 295 admirateurs écoutent ses gazouillis (twitt en anglais).
Par contre, Ségolène Royal n’écoute personne (0 following). Apparemment, personne n’est digne d’être lu.
Je me doute bien qu’elle n’est pas la seule dans ce cas mais elle a une grande différence sur les autres : elle parle de Fraternité et de Démocratie Participative dès qu’un micro s’approche d’elle.
On en est un peu loin là.
Enfin, voilà, moi ça me fait rire…
Même si, pour être honnête, à ma connaissance seule Nathalie Kosciusko-Morizet utilise réellement Twitter (et depuis longtemps).
Je termine simplement sur cette dernière déclaration un peu énigmatique de Ségolène Royal à propos d’Internet.
C’est quoi « un site avec des traits » ? Et les « lobbys d’Internet » ?
14 sept
Le président de l’Assemblée Nationale, Jean-François Copé, profite de l’affaire Hortefeux pour dénigrer une fois de plus Internet.
Les 4 vérités – France 2
Pour lui, il faut donc avoir un débat sur « Internet et la liberté« .
Il dit même avoir « pensé à ce qui font votre métier, qui sont cameramans, reporters…« .
Quel est le rapport entre Internet et l’affaire Hortefeux ?
Quel amalgame veut-il faire ?
Pour rappel :
- la vidéo de Brice Hortefeux a été tournée par un caméraman de la chaîne Public Sénat (avec carte de presse et tout et tout)
- la vidéo a été diffusée pour la première fois par le quotidien Le Monde sur son site Internet (pas encore de vidéo dans les journaux-papier)
- la vidéo a été largement relayée par tous les médias traditionnels (journaux télévisés, radios)
Voilà, c’est tout mais il me semblait que ce petit rappel pouvait avoir son importance.
Source vidéo : Arrêt sur Image
19 mai
Le porte-flingues attitré de l’UMP a encore frappé !
Invité du plateau des 4 Vérités sur France 2 pour donner son avis sur le projet Bachelot reformant les hopitaux, Frédéric Lefebvre a sorti de sa poche un argument massu : « 74% des français attendent cette réforme ».
Les opposants sont donc ridicules de ne pas comprendre cela.
Toujours fier de ces passages sur les plateaux-TV, le porte-parole s’est ensuite empressé de diffuser ce passage sur sa page personnelle Dailymotion.
Jusque là, rien de bien étonnant finalement. Cependant, dans toute cette belle communication, il y a un hic : les 74% de français ne sont pas pour mais contre cette réforme !
Un détail, certes, mais qui gache un peu cet argumentaire bien rodée !
Pour enfoncer le clou, c’est là qu’intervient tout le doigté 2.0 de notre héros du Web : plutôt que de s’excuser, il fait disparaitre la vidéo de sa page.
Ouf ! Ni vu, ni connu !… Enfin… A un détail près, rien ne se perd sur Internet ! :D
Voici donc le fameux passage :
Beaucoup de bruit pour pas grand chose mais ce type m’agace !
17 avr
Est-ce que vous savez ce qu’est Quaero ?
Les plus littéraires d’entre vous me diront que ça signifie « je cherche » en latin. Mouais. OK. Mais encore ?!?
Et bien, c’est le « concurrent européen de Google », « l’Airbus d’Internet ». En tout cas, ce sont les mots de Jacques Chirac en avril 2005 lors de sa présentation au côté de Gerhard Schröder.
C’était donc il y a 4 ans et 400 millions d’euros devaient être injectés dans ce paquebot européen.
Quelques mois plus tard, sentant le ridicule de l’opération, les allemands ont laissé les français seuls aux commandes.
Mais le français n’est pas du genre à s’avouer vaincu, surtout quand de l’argent public est en jeu !

Quaero existe donc toujours et 300 salariés sont mobilisés à temps plein sur le sujet.
L’état en est à 100 millions d’euros de financement et sur les 30 applications devant faire trembler Google et consorts, seule Exalead est sortie des cartons.
Des subventions sont distribuées aux entreprises partenaires pour développer cet eldorado numérique. Hélas, on peut se poser des questions quant à l’utilisation de ces fonds.
Ainsi, Orange qui touche 1.5 millions d’euros par an n’a encore rien livré de concret, pourtant l’ex-France Telecom trouve le temps de participer au projet Pharos, un concurrent privé de Quaero !
Je passe aussi sur certains projets toujours en cours d’étude dans le cadre de Quaero alors que leurs fonctions sont déjà utilisées par ailleurs : trouver le titre d’une chanson en l’écoutant (Shazam sur iPhone ou Android), insérer des pubs ciblées dans des vidéos (Youtube)…
Ce projet est tellement en avance que le moteur de recherche de la page Quaero.net est délivré par… Google !!! (J’espère que c’est un gag…)
Pourquoi la France n’aide-t-elle pas des entreprises qui marchent comme Deezer, Dailymotion ou HelloTipi plutôt que de perdre du temps et de l’argent à vouloir toujours copier ce que les autres ont déjà fait ?
Source : Capital n°211
[edit] Christophe Jean me confirme bien que Quaero.net est du cybersquatting. Je suis rassuré sur ce point, mais il est étonnant qu’un projet internet de cette ampleur n’ai pas pris la peine de dépenser les 10 euros nécessaires pour bloquer le nom de domaine en .net.
3 avr
Chaque vendredi, je reviens sur les événements qui m’ont énervé dans la semaine et que je n’ai pas eu le temps de couvrir dans Café-Froid.
Mais cette semaine, en regardant derrière moi, je me rends compte que je n’ai été énervé que par le débat parlementaire sur la loi Création et Internet.
Voici donc cette somme de petits énervements Hadopesque…
- Mise en place d’un filtrage des sites par le gouvernement : une première ! Ce sont les chinois qui doivent rire… Les sites de téléchargements sont maintenant plus surveillés que les sites pédophiles ou nazis !
- Mise en place d’un label qualité gouvernemental pour les sites commerciaux. Quand sera mise à jour cette liste à l’heure où des sites se créent chaque jour ? Comment seront choisis ces sites ? Mystère…
- Obligation d’un référencement prioritaire de ces sites par les moteurs de recherche. Comment ? Aucun début d’explication. On attend de voir les réponses de Messieurs Google et Yahoo. C’est la négation totale de l’internationalité d’internet.
- En cas de piratage de sa ligne, l’internaute verra quand même son accès internet coupé puisque la réclamation n’est pas suspensive.
- De toute façon, pour prouver sa bonne foi, il faudra avoir installé auparavant le logiciel-mouchard gouvernemental payant et non-interopérable (pour Windows en fait). Bel esprit d’ouverture !
- Faudra-t-il alors l’installer sur un des ordinateurs de la maison qui ne télécharge pas pour prouver sa bonne foi ? Oui, madame Albanel, l’adresse IP n’est pas lié à un ordinateur mais à une connexion ! Les tribunaux le savent déjà et les experts expliquent pourquoi.
- La suspension sera d’un minimum de 2 mois (à 1 an) sauf si vous promettez de ne pas râler, auquel cas elle pourrait être diminuée à 1 mois
- Malgré tout cela, rien n’est prévu pour les artistes qui ne toucheront pas un centime de plus.
- Le Parlement Européen a voté à plusieurs reprises contre le principe de coupure d’accès Internet, mais bon…
- Enfin, cette loi qui fait rêver plus d’un dictateur dans le monde a été votée hier soir par une Assemblée Nationale composée de seulement 16 députés présents !!!
Heureusement, une lueur d’espoir demeure : cette loi est une telle usine à gaz qu’elle sera totalement inapplicable ! Le Conseil Constitutionnel puis les Tribunaux vont avoir fort à faire face à des preuves de culpabilité qui se feront démonter par le premier avocat venu.
18 déc
Le député et porte-parole de l’UMP, Frédéric Lefebvre, est vraiment très énervant.
Je n’ai même pas besoin d’en dire plus, je vous laisse avec son discours de cette semaine à l’Assemblée Nationale :
« Je tiens beaucoup à cet amendement [régulation d'internet] parce que le monde vient de vivre la plus grave crise qu’il ait connue depuis 1929, et qu’une seule réponse s’est imposée – réclamée sur tous les bancs – : la régulation. Il aura fallu attendre que des établissements financiers soient en faillite, que la croissance soit au point mort, que des pays soient au bord du gouffre, pour que le monde se réveille et accepte enfin de construire un système régulé au plan international. Faudra-t-il attendre qu’il y ait des dégâts irréparables pour que le monde se décide à réguler Internet ?
L’absence de régulation financière a provoqué des faillites. L’absence de régulation du Net provoque chaque jour des victimes ! Combien faudra-t-il de jeunes filles violées pour que les autorités réagissent ? Combien faudra-t-il de morts suite à l’absorption de faux médicaments ? Combien faudra-t-il d’adolescents manipulés ? Combien faudra-t-il de bombes artisanales explosant aux quatre coins du monde ? Combien faudra-t-il de créateurs ruinés par le pillage de leurs œuvres ?
Il est temps, mes chers collègues, que se réunisse un G20 du Net qui décide de réguler ce mode de communication moderne envahi par toutes les mafias du monde.
[...]
La mafia s’est toujours développée là ou l’État était absent ; de même, les trafiquants d’armes, de médicaments ou d’objets volés et les proxénètes ont trouvé refuge sur Internet, et les psychopathes, les violeurs, les racistes et les voleurs y ont fait leur nid. »
Voilà, il n’y a rien de plus à ajouter je crois…
Eventuellement, on peut dire que l’arroseur est arrosé depuis aujourd’hui.