Le blog qui prend le temps de s’énerver
9 oct
Voilà une brève qui ne donne pas envie d’être citoyen américain…
Le permier assureur américain, AIG, a été sauvé d’une faillite annoncée le 17 septembre dernier grâce à un prêt de 85 milliards de dollars de l’état américain.

Ce sauvetage par la Banque Centrale Américaine a fait grand bruit, ce geste n’ayant pas été très populaire auprès des contribuables.
Et voici que pour enfoncer le clou, le Washington Post (édition du 8 octobre) nous révèle que les dirigeants se sont offerts une semaine dans un palace californien du 24 au 28 septembre !
Ces quelques jours au St Regis Monarch Beach ont coûté la bagatelle de 443.343,71 dollars dont près de la moitié pour payer les chambres.
Bien sûr, tout a une explication. Dans ce cas-là, c’est Eric Dinallo, le directeur AIG de l’État de New York, qui nous éclaire :
« Ce séminaire devait fédérer tout le monde pour préserver la productivité et protéger les clients en les empêchant de fuir [...]«
Il n’a pas tord, si j’avais été client, je n’aurais pas fui : une plage, trois piscines, un golf…
8 oct
Aujourd’hui, Christine Largarde nous rassure en nous disant que le gros de la crise est passé :
« Le gros risque systémique qui était craint par les places financières et qui les a amenées à beaucoup baisser au cours des derniers jours est derrière nous. »
Bon, c’est sûr, si la ministre de l’économie le dit, on peut être tranquille. En plus, cela fait maintenant un an qu’elle est super confiante.
D’ailleurs, dans son Petit Journal du 7 octobre, Yann Barthès a ressorti la présentation de loi de finance 2008 de Christine Lagarde.
C’était il y a un an, en octobre 2007 :
Alors, rassuré maintenant ?!?
23 sept
Tout le monde parle de la crise financière actuelle.
Pour ma part, je ne sais pas par quel bout la prendre tellement de choses m’énervent là-dedans.

Mais c’est plus particulièrement la façon dont les instances politiques la traitent qui me révolte le plus : on a l’impression de faire face à une catastrophe naturelle !
Pourtant, il faut quand même rappeler que tout cela est dû à des personnes qui ont pris de trop gros risque pour gagner le plus d’argent possible, souvent sur le dos des familles américaines.
On va donc renflouer ces entreprises pour que tout reparte comme avant.
Est-ce qu’on épongerait les dettes d’un père de famille qui a perdu toutes ces économies au casino ? C’est pourtant le même problème, le père de famille pensait pouvoir faire fructifier son argent rapidement mais le risque était trop important.
Et si comme moi vous avez du mal à suivre, télécharger cette BD (en PDF, mal dessinée et traduite par Rue89) qui vous expliquera tout cela dans le détail mais le plus simplement du monde.
Enfin, cette crise n’a pas que des défauts, l’incontournable Topito a d’ailleurs listé tous les avantages !
9 sept
Voilà une information qui met en lumière la fragilité de la bourse.
Hier matin, 8 septembre, une erreur dans la gestion des articles du Chicago Sun fait remonter un vieil article datant de 2002 (encore en cache dans Google) : « la compagnie aérienne United Airlines est placée sous le Chapitre 11 (faillite)« .
Le robot de Google News passe alors normalement sur l’article est le diffuse automatiquement. Il ne manquait plus alors qu’à un employé de la société Income Securities de récupérer l’information pour l’intégrer dans sa newsletter quotidienne.
En 5 minutes, l’information fait le tour de Wall Street et l’action de United Airlines perd 76% en passant de 12$ à 3$ ! La cotation a alors été suspendue.

Depuis, l’erreur a été repérée mais l’indice n’est pas revenu à son cours d’origine…
Imaginez les milliards qui sont partis en fumée l’espace de ses longues minutes, tout cela à cause d’une grossière erreur et surtout d’une information non-vérifiée.
La bourse est vraiment un colosse aux pieds d’argile.
23 juil
Nous voilà enfin en été, le vrai, avec le soleil, la chaleur et tout ça…
Et comme tous les ans, les journées autour de chez moi font un peu penser aux Grandes Eaux de Versailles.

Ce week-end, j’ai fait pas mal de route et traverser beaucoup de champs de maïs.
De Toulouse aux Landes (le Sud-Ouest pour les gens du nord…), c’est partout le même constat : les irrigations tournent à plein régime, même à 14h avec plus de 30°C.
Discussion de plein champs
Alors que je m’arrêtais sur le bord de la route pour prendre une photo d’illustration pour ce billet, je suis tombé sur l’agriculteur qui venait de lancer l’irrigation.
Une fois rassuré sur ma non-appartenance à une association écolo-bornée, le mec s’est avéré être très sympa et nous avons discuté un bon moment.
Hormis les différentes banalités d’usage, voilà ce qui est ressorti de notre rencontre :
- il fait du maïs parce que l’état l’y pousse par ses subventions
- il préfèrerait faire du soja pour que la France soit moins dépendante (le soja sert principalement à l’élevage)
- le prix des céréales a augmenté mais pour revenir au niveau d’il y a 10 ans. Seulement, alors quel les intermédiaires n’avaient pas répercuté les baisses précédentes, ils répercutent aujourd’hui les hausses
- il a un mauvais a priori sur les OGM mais son plus gros problème est de ne pas avoir le choix si son voisin s’y met
- il a insisté pour que je comprenne bien qu’il ne râle pas et qu’il est heureux
- il est dégouté par l’emprise de notre monde occidental qui tient les pays pauvres en leur vendant des graines de céréales stériles
- quant à l’irrigation, c’est surtout le manque de temps et de main d’oeuvre qui le pousse à arroser en journée
A ce moment-là, il m’a proposé l’apéro mais j’étais déjà à la bourre…
Mais quel plaisir de voir un agriculteur ouvert, à 100 lieues de l’image d’épinal du destructeur de bureau ministériel.
Par contre, je n’en démords pas : cet arrosage en pleine chaleur est un énorme gâchis !
15 mai
Juste une petite brève pour que je ne sois pas le seul à être désespéré…
Pour faire le plein d’une voiture en biocarburant (50 litres), il faut utiliser 358 kg de maïs !
Cela correspond à la consommation annuelle d’un enfant dans un pays qui a le maïs comme aliment de base : Mexique ou Zambie par exemple.
Voilà, c’est dit et je suis toujours énervé.

Et vous, vous avez aussi des chiffres qui vous énervent comme celui-là ?