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Le blog qui prend le temps de s’énerver

Voilà quelques infos qui viennent de me sortir de ma pause hivernale : nos députés et sénateurs n’en finissent pas de m’énerver.

Dans la vraie vie, les gens ont un travail pas forcément facile et pas forcément bien payé. Mais dans la vie d’un élu, le travail est souvent insurmontable, voire un vrai calvaire.

Prenons quelques exemple au hasard en 2009…

9 avril : La loi HADOPI est rejetée par l’Assemblée Nationale à la surprise générale, les députés de droite n’étaient pas assez nombreux.
Il faut savoir qu’un des plus gros sacrifices d’un député est d’aller assister aux débats. Alors parfois, le matin, quand le réveil sonne, il se dit « rhooo, je reste au lit ». Alors, je sais, vous vous dites la même chose mais finalement vous vous levez quand même. Et bien le député non !

24 octobre : Jean-François Lamour (UMP) se trompe de bouton en votant et fait passer une taxe sur les banques.
C’est qu’il n’est pas facile de bien viser quand il y a deux gros boutons devant soi. Heureusement, il suffit de demander un nouveau vote (même si c’est interdit) et, après un rappel à l’ordre du député étourdi, la taxe ne sera pas votée. Ouf !

13 décembre : Rachida Dati prend place sur les bancs de l’Assemblée Européenne dans la joie et la bonne humeur.
Bruxelles c’est loin, enfin loin de Paris surtout. Alors entre deux votes, il est difficile d’aller faire un tour chez une copine. Et puis on est obligé de voter pour être payé. Heureusement, on peut quand même téléphoner pendant les débats. Rachida raconte tout ça bien mieux que moi au téléphone :

14 décembre : Les sénateurs se trompent d’article.
Au moment de voter sur un article communiste annulant le rédécoupage électoral, un sénateur centriste a cru voter pour la loi. Vous vous dites « pas très grave, ce n’est qu’une voix », et bien vous vous trompez ! Le sénateur votait pour tout son groupe, ses petits camarades étant restés bien au chaud chez eux.
Là encore, on ne s’embarrassera pas trop du vote démocratique, le gouvernement vient de demander un nouveau vote sur l’amendement communiste.

Alors, vous me croyez maintenant ? Députés et sénateurs sont des métiers d’une extrême difficulté : se lever le matin, aller au travail, choisir entre deux boutons, écouter et comprendre pour quoi on vote…

TF1 a relayé (à sa façon) l’adoption du projet de loi Création et Internet.

Alors que les blogs s’insurgent de la désertion des bancs de l’hémicycle par les députés, TF1 prend quelques libertés avec la déontologie journalistique.

Seulement 16 députés étaient présents pour ce vote primordial pour l’avenir d’Internet, pourtant observez les applaudissements  des centaines d’élus dans le reportage de TF1.

Pour TF1, fallait-il faire la preuve que tous les députés étaient derrière cette loi tant décriée ?!?

Source : PCinpact

[Edit de 23h30] TF1 a répondu par l’intermédiare de son médiateur : « il s’agit d’une maladresse… ».
Reste à voir si les excuses seront aussi entendues à l’antenne. Rien de moins sûr…

Chaque vendredi, je reviens sur les événements qui m’ont énervé dans la semaine et que je n’ai pas eu le temps de couvrir dans Café-Froid.

Mais cette semaine, en regardant derrière moi, je me rends compte que je n’ai été énervé que par le débat parlementaire sur la loi Création et Internet.

Voici donc cette somme de petits énervements Hadopesque…

  • Mise en place d’un filtrage des sites par le gouvernement : une première ! Ce sont les chinois qui doivent rire… Les sites de téléchargements sont maintenant plus surveillés que les sites pédophiles ou nazis !
  • Mise en place d’un label qualité gouvernemental pour les  sites commerciaux. Quand sera mise à jour cette liste à l’heure où des sites se créent chaque jour ? Comment seront choisis ces sites ? Mystère…
  • Obligation d’un référencement prioritaire de ces sites par les moteurs de recherche. Comment ? Aucun début d’explication. On attend de voir les réponses de Messieurs Google et Yahoo. C’est la négation totale de l’internationalité d’internet.
  • En cas de piratage de sa ligne, l’internaute verra quand même son accès internet coupé puisque la réclamation n’est pas suspensive.
  • De toute façon, pour prouver sa bonne foi, il faudra avoir installé auparavant le logiciel-mouchard gouvernemental payant et non-interopérable (pour Windows en fait). Bel esprit d’ouverture !
  • Faudra-t-il alors l’installer sur un des ordinateurs de la maison qui ne télécharge pas pour prouver sa bonne foi ? Oui, madame Albanel, l’adresse IP n’est pas lié à un ordinateur mais à une connexion ! Les tribunaux le savent déjà et les experts expliquent pourquoi.
  • La suspension sera d’un minimum de 2 mois (à 1 an) sauf si vous promettez de ne pas râler, auquel cas elle pourrait être diminuée à 1 mois
  • Malgré tout cela, rien n’est prévu pour les artistes qui ne toucheront pas un centime de plus.
  • Le Parlement Européen a voté à plusieurs reprises contre le principe de coupure d’accès Internet, mais bon…
  • Enfin, cette loi qui fait rêver plus d’un dictateur dans le monde a été votée hier soir par une Assemblée Nationale composée de seulement 16 députés présents !!!

Heureusement, une lueur d’espoir demeure : cette loi est une telle usine à gaz qu’elle sera totalement inapplicable ! Le Conseil Constitutionnel puis les Tribunaux vont avoir fort à faire face à des preuves de culpabilité qui se feront démonter par le premier avocat venu.

La semaine dernière les anti-Hadopi ont crié victoire en apprennant la nouvelle : les eurodéputés ont voté à une large majorité (481 contr 25) contre le principe de coupure de l’accès internet par un gouvernement comme sanction.

Jeudi dernier, il était donc évident que Christine Albanel et ses acolytes allaient devoir revoir leur copie.

mouche

Comme le débat va reprendre à l’Assemblée Nationale dans les minutes qui viennent, je préfère vous mettre en garde sur la teneur des propos que nous allons entendre.

En effet, le rapporteur du projet de loi Création et Internet,  Franck Riester, a déjà donné le ton en expliquant que le texte européen n’a aucune portée juridique puisque la loi française « n’empêche pas les gens d’avoir accès à internet, mais d’avoir accès à internet à partir d’un poste qui télécharge illégalement. »

Le débat va donc voler haut et les mouches vont pouvoir raser les murs…

Le débat parlementaire est quelque chose d’assez obscurs pour moi.
Le nombre réduit de députés présents en dehors des plages télévisées entraine d’étonnants votes à 20 contre 30 (sur 577 !) comme lors des débats sur la loi Création et Internet.
Si on ajoute à cela les motions de censure, les avalanches d’amendements, les 49.3… les véritables débats sont pour la plupart tronqués.

Alors quand il s’agit d’un choix aussi crucial militairement que notre présence ou non dans le commandement militaire de l’OTAN, j’ai du mal à accepter qu’on ne veuille pas débattre du sujet.

C’est pourtant ce qu’il va se passer cet après-midi.

tank

De nombreux hommes politiques de droite se lèvent contre ce choix du Président de vouloir siéger auprès des américains à l’OTAN. L’ancien premier ministre Dominique Villepin est en particulier très virulent sur le sujet.

Je ne maitrise pas assez la géopolitique pour avoir un avis bien fondé sur le sujet. Mais pour un choix aussi stratégique, il semble primordial que tous les arguments soient entendus.
Hélas, même si un débat est bien prévu à l’Assemblée, dans les faits les voix discordantes de la majorité n’auront d’autres choix que de se taire.

En effet, François Fillon a trouvé une astuce pour faire taire ces députés frondeurs : engager la responsabilité de son gouvernement.

En clair, un député UMP ne peut voter contre cette loi sans remettre en cause sa confiance dans le gouvernement.

Et voilà pourquoi le débat sur notre engagement dans l’OTAN n’aura jamais lieu…

C’est assez rare pour être signaler, la télévision nous livre un documentaire équilibré sur un texte de loi controversé : la loi Hadopi.

Toutes les voix sont entendues de Pascal Nègre à Maxime Lombardini (patron de Free) en passant par les associations de consommateurs ou la ministre.
On découvre aussi les petits tractations avant les séances de vote au Sénat.

45 minutes à voir.