Le blog qui prend le temps de s’énerver
8 jan
Après quelques petites semaines d’activité réduite, le blog va doucement reprendre son rythme normal. Il faut bien dire que les infos énervantes s’enchainent pas mal ces temps-cit…
J’ai donc hésité quelques temps avant de choisir quel sujet traiter.
C’est finalement la proposition de Valérie Pécresse qui a remporté la palme : instaurer un quota de 30% de boursiers dans les grandes écoles.
Cette initiative est symptomatique de la situation actuelle, que ce soit politique ou médiatique.
Populisme politique
Revenons tout d’abord sur les faits : la semaine dernière, la ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche veut remédier au défaut de représentativité nationale parmi nos élites.
Le postulat est tout à fait louable.
Mais là où le problème arrive, c’est qu’au lieu de chercher la cause, on force la conséquence. Au lieu de chercher à comprendre pourquoi les classes modestes de notre société sont moins représentées, on force cette représentativité.
Evidemment, les responsables des principales écoles crient au scandale. Mais peut-on leur reprocher ?
Il faut savoir que les grandes écoles recrutent sur concours. Les meilleurs sont donc pris, sans aucune distinction.
Un quota imposerait donc mathématiquement une baisse de niveau puisque 30% de personnes en moins seraient prises à ces concours pour laisser la place à des personnes qui n’auraient pas figuré en tête de classement.
C’est simple et mathématique. Pas besoin d’avoir fait une école d’ingénieur pour comprendre cela.
Populisme médiatique
Mais une information pareille ne plait pas qu’à nos personnages politiques qui en profitent pour se donner l’image d’un Robin des Bois contre les méchants bourgeois. Les médias se régalent aussi.
Quel plaisir pour un journaliste que de pouvoir pointer du doigt ces grandes écoles qui ont formé la plupart de leurs directeurs !
Les exemples se sont multipliés à ce sujet les jours suivants, je n’en retiendrai qu’un pour ma démonstration : Nicolas Poincarré dans l’émission C à Vous sur France 5 (excellente émission au demeurant).
Voici donc un bel exemple de démagogie journalistique.
Et je vais lui répondre point par point :
Si Nicolas Poincarré, comme tous ces collègues, devait vraiment s’énerver pour quelques choses, ce devrait être sur les raisons pour lesquelles les boursiers réussissent moins dans les concours.
Il y a de multiples raisons à cela mais en particulier des logements chers qui entrainent de nombreux effets : besoin de travailler le soir, condition de travail difficile, transports longs et fatigants…
Voilà de vraies raisons d’énervements !
Allez, arrêtons ce populisme de bas-étage en 2010.
Et d’ailleurs : bonne année à tous !!!
Au final la réaction des grandes écoles est justifiée par la peur de voir les médias et autres s’insinuer dans leur processus de sélection au combien obscure…
Cela ne signifie pas pour autant qu’elles n’ont pas compris le problème.
Merci à toi de ne pas rechercher des arguments pour étayer un thèse toute prête comme on peut le voir souvent en réaction à l’attitude des grandes écoles.
Je noterai pour finir que ce n’est, et je rejoins un peu ton point de vue, pas aux grandes écoles de compenser l’échec des politiques d’ouverture du lycée.
D’ailleurs, dans une France qui allait mieux, Polytechnique était qualifiée par l’Express de « fleuron de la méritocratie ».
Désolé pour ce long commentaire,
Emmanuel
@Emmanuel – Ne sois pas désolé, ça fait plaisir !
Cette histoire est aberrante juste sur un point : les quotas. Que ça soit pour l’accession aux grandes écoles, au nombre d’expulsions d’immigrés, au nombre de PV à effectuer, les sujets importent peu.
Instaurer des quotas, dans n’importe quel domaine, c’est se donner une fausse excuse afin d’éviter à régler le problème à sa source.
Comme si on n’avait pas le droit de se reproduire !
C’est nouveau cela.
Par ailleurs, ce ne sont pas « tout le temps les même », car un fils n’est pas son père…
Ca sent la pourriture marxiste tout ca…
Par contre, un quota de noirs et d’arabes, pour favoriser effectivement la France du Métissage, c’est une idée intéressante. Ca ne pourrait du reste que galvaniser le niveau des français..
Je suis un ancien élève boursier. et pour tout le travail que j’ai fourni pour faire parti de l’élite, jamais je n’accepterai que le niveau social des parents soit un prétexte pour faire rentrer des mauvais. Si on veut faire une grand école il faut d’abord être, excellent pas simplement bon
Je pense tout de même qu’il faut avoir dans tous les cas une franche volonté de s’en tirer, de gagner, et de réussir simplement sa vie. Maintenant reste que la crise est encore présente et n’arrange rien qu’on sorte d’une petite ou grande école…
Bonjour, je ne partage pas cette idée de prendre des gens pour leur offrir une chance parce que venant de milieux sociaux défavorisés. Moi j’y viens et je dit qu’il faut favoriser le mérite.
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