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Pendant que le pouvoir d’achat squatte le cœur de l’actualité, une guerre sans merci a lieu autour de nos assiettes : la guerre du Camembert !

La bataille oppose les partisans et adversaires du lait cru, d’un côté les grands groupes comme Lactalis (Président, Lepetit, Lanquetot…) et de l’autre les petits producteurs.

Le dernier épisode en date montre toute la dureté du combat.
Fin mars, le groupe Lactalis a “informé” le ministère de l’Agriculture de la présence de bactéries pathogènes dans un lot de camemberts d’un concurrent, la fromagerie Réaux.
Il s’est rapidement avéré que ces bactéries ne présentaient aucun risque et que le lot incriminé avait une date de péremption dépassé !
Cependant le mal était fait et le ministère avait demandé de retirer ces produits à titre de précaution.

Cet épisode fait suite à la demande des grands groupes d’assouplir les règles d’AOC sur le Camembert de Normandie afin de supprimer l’obligation d’utiliser du lait cru.

Lactalis se réfugie derrière des raisons sanitaires pour imposer ce changement. Il est cependant évident que les fromages à base de lait thermisé (chauffé) reviennent bien moins chers à fabriquer et se conservent plus longtemps (demande des supermarchés). De plus, ils s’exportent mieux car peu de pays goutent nos fromages qui puent, en particulier les Etats-Unis…

Derrière tout cela, on retrouve la question de la mondialisation de la nourriture : les tomates rouges et sans gouts toute l’année, les vins uniformisés, le surimi au gout de crabe…

Face à la sortie mensuelle de nouveaux produits marketés et calibrés, les producteurs régionaux ne pèsent pas bien lourd avec leurs produits artisanaux ou semi-artisanaux.

Les grands industriels sont prêts à tout pour arriver à leurs fins. Je ne peux leur en vouloir, ce ne sont pas des associations loi 1901. J’espère juste qu’une voie médiane sera trouvée pour que coexistent des produits régionaux et d’autres de grande consommation.

A notre niveau, sans dépenser beaucoup plus, voire moins, les marchés locaux permettent de découvrir de nombreux produits régionaux de qualité. Il est par contre totalement utopique de croire que toute la planète pourrait consommer bio ou artisanal, la Terre n’en a pas les moyens. Réaliser cela serait déjà un grand pas vers cette voie médiane.

Enfin, petit détail sur le camembert : les petits producteurs ont obtenu une première victoire en février en obtenant la garantie de conserver des Camembert AOC de Normandie exclusivement au lait cru.
Peut-être que cela a agacé Lactalis…

Et vous, vous êtes plutôt supermarché ou super marché ?