Voilà maintenant une semaine que le Tibet est à nouveau au cœur de l’actualité. Quand je dis ça, j’en exclue bien évidemment l’actualité chinoise.

La Chine s’enfonce de plus en plus dans une position ambiguë qui devient difficilement tenable, ceci en grande partie dû à l’émergence de l’économie numérique.

Hier, dans les usines chinoises, les salariés étaient facilement contrôlables : pas d’accès à l’information, loisirs contrôlés par l’état.
Aujourd’hui, la Chine doit faire face à une population qui entend des bruissements extérieurs. Depuis l’ouverture capitaliste de ce pays, l’échange des marchandises avec l’étranger s’est accompagné d’un flux de plus en plus important de personnes.

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Là où une répression violente au Tibet était passée sous silence, il faut maintenant faire face à des étrangers qui affluent dans le pays accompagnés de leurs journaux et autres ordinateurs portables plein de vidéo.
Les hôtels eux-même doivent proposer CNN, TV5 ou BBC dans les chambres pour contenter les visiteurs.
En voyage professionnel à Canton, j’ai pu me rendre compte que les journaux locaux (China Today) ne contiennent pas les même informations dans leur édition anglaise, mais de plus en plus de chinois comprennent cette langue.
Voilà comment pour la première fois l’Agence Chine Nouvelle (AFP locale) a parlé d’émeutes au Tibet. Bien sûr, la présentation reste très pro-chinoise mais on sent les choses bouger.

Et les JO dans tout ça ?

L’appel au boycott est pour moi une façon de remettre la chape de plomb sur ce pays.

C’est vrai qu’il est bien plus simple de demander à des athlètes de se sacrifier pour nous plutôt que de tirer un trait sur le juteux marché chinois ou de décider en son âme et conscience de ne plus acheter des t-shirts Made in China

Il n’en va pas de même pour les entreprises qui se rendent complices de la censure chinoise. Google et Yahoo ne sont à ce sujet pas des modèles du genre. Côté français, Thalès (l’état est actionnaire à 27%) est le fournisseur des antennes permettant le brouillage des radios et télévisions au Tibet.

Je pense que la venu de milliers de journalistes et de touristes cet été ne laissera pas la Chine intacte. Sur cette multitude, on peut espérer que certains ouvriront les yeux de ce peuple et essaimeront un vent de liberté.

Enfin, il serait aussi temps d’entendre nos hommes politiques si enclin à parler de droits de l’homme lors des échéances électorales et si discrets quand le problème se présente.
Le boycott de la cérémonie d’ouverture par tous les chefs d’états serait un symbole fort.

Je rêve d’athlètes sur le podium avec un drapeau tibétain. Ne serait-elle pas la plus belle image face à la censure ?
Permettez-moi de croire encore à la force des symboles…

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