Le blog qui prend le temps de s’énerver
10 sept
Enorme tribune aujourd’hui dans le Time : « Creative industries and consumers’ rights » (L’industrie de la création et les droits du consommateurs).
Cette lettre ouverte dénonce le principe de la riposte graduée en Angleterre avec en vrac : la coupure de la connexion jugée disproportionnée par rapport à la faute, le manque de preuve du délit ou la présomption de culpabilité de l’internaute.
En fait, que des faits dénoncés depuis des mois en France par tous les internautes mais pas par les fournisseurs d’accès (à l’exception de Free).
Cette fameuse tribune est signée par de grands noms du Web dont… le PDG d’Orange, Tom Alexander !
La présomption de culpabilité, la coupure de connexion et tous les autres actes qui entourent Hadopi sont donc acceptables pour Orange dans notre pays mais pas de l’autre côté de la Manche ?!?
Il va falloir qu’ils nous expliquent ça…
Voici l’intégralité de cette lettre ouverte :
Sir, We agree that the creative industries play an important role in the UK and understand the challenge that illegal filesharing presents (letter, Sept 1). We do not condone or encourage such activity, but we are concerned that the Government’s latest proposals on the “how” to reduce illegal filesharing are misconceived and threaten broadband consumers’ rights and the development of new attractive services. Experience in other countries suggests that pursuing such an approach can result in significant consumer resistance. Any new policy must be considered very carefully.
Any decision to move to harsh and punitive measures such as disconnection must be genuinely underpinned by rigorous and objective assessment by Ofcom. Consumers must be presumed to be innocent unless proven guilty. We must avoid an extrajudicial “kangaroo court” process where evidence is not tested properly and accused broadband users are denied the right to defend themselves against false accusations. Without these protections innocent customers will suffer. Any penalty must be proportionate. Disconnecting users from the internet would place serious limits on their freedom of expression. Usually, constraints to freedom of expression are imposed only as the result of custodial sentences, or incitement to racial hatred, or libel. The proposal that internet service providers — and by implication broadband customers — should pay most of the cost of these measures to support the creative industries is grossly unfair since the vast majority of consumers do not fileshare illegally. Further, this payment approach would discourage content industries from developing new services.
We hope that the Government will consider genuinely consumers’ rights in its endeavours to protect the creative industries.
Charles Dunstone, talktalk
Ian Livingston, BT
Jim Killock, Open Rights Group
Ed Mayo, Consumer Focus
Deborah Prince, Which?
Tom Alexander, Orange UK
Si quelqu’un veut la traduire… J’ai trop la cagne pour le faire (comme on dit chez moi).
9 sept
Les médias nous le répètent à longueur de journaux : le Brésil va acquérir 36 avions de combat Rafale.
OK, ça c’est l’effet d’annonce. Mais une voix féminine dans mon salon m’a dit « mouais, comme pour le Maroc… ».
Et effectivement, revenons un peu en arrière…

En 2007, Nicolas Sarkozy allait au Maroc pour vendre des TGV et des rafales.
Les annonces se sont là-aussi succédées, Serge Dassault pensait voir enfin ses avions sortir du ciel français et les marocains étaient certains de bientôt recevoir leurs premiers Rafale.
Il ne restait donc que quelques petites négociations sur la somme à verser, rien de bien important, quelques petits milliards d’euros…
Pourtant, quelques mois plus tard, l’accord commençait à se fissurer jusqu’à l’officialisation de l’achat des F16 américains en juin 2008.
Vente sous conditions
Quand on gratte un peu, on comprend que le président Lula a accepté d’ouvrir des négociations avec Dassault pour l’achat de ces avions.
Or, les brésiliens demandent une contre-partie jamais vue dans ce domaine : le transfert technologique et l’assemblage des rafales sur le sol brésilien. Enfin, les français doivent s’engager à acheter une dizaine d’avions cargo militaires KC-390 alors même que le financement du nouvel Airbus militaire A400M doit être épaulé par l’état français.
Autant le dire : le plus dur reste à faire dans cette vente.
25 juin
C’est en tout cas la conclusion qu’on peut en tirer en voyant les titres sur la page principale de Yahoo! Actualités.
En effet, Jammie Thomas-Rasset, une mère de famille américaine vient d’être condamnée à une amende de près de 2 millions de dollars pour le téléchargement de 24 MP3. Soit 80.000$ la chanson.
De son côté, Air France va payer un dédommagement (avance) de 17.500€ (soit 24.000$) aux familles des victimes du vol AF447.
Ces deux informations mises côté-à-côte sur la page de Yahoo! mettent encore une fois en lumière toute l’absurdité des procès intentés par la RIAA (la SACEM américaine).
Source : 40 years in the desert
15 juin
Voilà, c’est fait, la loi Hadopi a été promulguée samedi.
Après les coups de ciseaux du Conseil Constitutionnel, cette loi s’apparente à une grosse machine à spams, cette nouvelle Haute Autorité n’ayant comme seul pouvoir l’envoi des mails et des lettres recommandées.
Pour fêter cette nouvelle loi, je vous propose un retour en arrière sur les 30 dernières années grâce à l’INA.
Vous allez voir que les maisons de disques pleuraient déjà et que Jack Lang était l’ami des artistes !
1980 : la cassette audio
21/01/1980 – Soir 3
1984 : la casette vidéo
15/03/1984 – Soir 3
1999 : un MP3 en 13 minutes
06/12/1999 – France 2
L’Histoire est un éternel recommencement…
25 mai
Dans 15 jours, les élections européennes vont faire parler d’elles… pour l’abstention record.
Ce tour de force des électeurs français est déjà annoncé partout et, bien sûr, les politiques rejettent la faute sur les médias (et inversement).
Des raisons simples à une abstention record
Entre deux élections européennes, l’Europe est présentée comme l’empêcheur de légiférer en rond (cf. TVA à 5.5% sur la restauration).
Le moment des élections venus, les débats n’ont plus qu’un seul sujet : « pourquoi les électeurs ne s’intéressent pas à ce suffrage ? ».
Des programmes, de l’Europe dans la crise, de sa place sur la scène mondiale… Il n’en est jamais question.
Mais ce week-end, c’est Jean-François Copé (président du groupe UMP à l’Assemblée Nationale) qui a le mieux illustré les raisons de cette désaffection.
En effet, au micro d’Europe 1, il a fustigé les « combines » du Parlement Européen à l’encontre de sa loi Hadopi.
Rappelons, que le Parlement Européen a voté à trois reprises des amendements contre le principe de coupure de l’accès à Internet sans passer par l’intermédiaire d’un juge.
Avec 88% des voix, ces amendements sont tout sauf l’œuvre d’une minorité d’élus français.
Voilà donc les vrais raisons de cette future abstention : quand le Parlement Européen ne va pas dans le sens de la France, on le fustige et on passe outre.
Quel intérêt un électeur français aura alors d’aller voter pour un député européen qui siègera dans une assemblée qu’on nous présente sans pouvoir ?
17 avr
Est-ce que vous savez ce qu’est Quaero ?
Les plus littéraires d’entre vous me diront que ça signifie « je cherche » en latin. Mouais. OK. Mais encore ?!?
Et bien, c’est le « concurrent européen de Google », « l’Airbus d’Internet ». En tout cas, ce sont les mots de Jacques Chirac en avril 2005 lors de sa présentation au côté de Gerhard Schröder.
C’était donc il y a 4 ans et 400 millions d’euros devaient être injectés dans ce paquebot européen.
Quelques mois plus tard, sentant le ridicule de l’opération, les allemands ont laissé les français seuls aux commandes.
Mais le français n’est pas du genre à s’avouer vaincu, surtout quand de l’argent public est en jeu !

Quaero existe donc toujours et 300 salariés sont mobilisés à temps plein sur le sujet.
L’état en est à 100 millions d’euros de financement et sur les 30 applications devant faire trembler Google et consorts, seule Exalead est sortie des cartons.
Des subventions sont distribuées aux entreprises partenaires pour développer cet eldorado numérique. Hélas, on peut se poser des questions quant à l’utilisation de ces fonds.
Ainsi, Orange qui touche 1.5 millions d’euros par an n’a encore rien livré de concret, pourtant l’ex-France Telecom trouve le temps de participer au projet Pharos, un concurrent privé de Quaero !
Je passe aussi sur certains projets toujours en cours d’étude dans le cadre de Quaero alors que leurs fonctions sont déjà utilisées par ailleurs : trouver le titre d’une chanson en l’écoutant (Shazam sur iPhone ou Android), insérer des pubs ciblées dans des vidéos (Youtube)…
Ce projet est tellement en avance que le moteur de recherche de la page Quaero.net est délivré par… Google !!! (J’espère que c’est un gag…)
Pourquoi la France n’aide-t-elle pas des entreprises qui marchent comme Deezer, Dailymotion ou HelloTipi plutôt que de perdre du temps et de l’argent à vouloir toujours copier ce que les autres ont déjà fait ?
Source : Capital n°211
[edit] Christophe Jean me confirme bien que Quaero.net est du cybersquatting. Je suis rassuré sur ce point, mais il est étonnant qu’un projet internet de cette ampleur n’ai pas pris la peine de dépenser les 10 euros nécessaires pour bloquer le nom de domaine en .net.