Le blog qui prend le temps de s’énerver
18 mar
Voilà maintenant une semaine que le Tibet est à nouveau au cœur de l’actualité. Quand je dis ça, j’en exclue bien évidemment l’actualité chinoise.
La Chine s’enfonce de plus en plus dans une position ambiguë qui devient difficilement tenable, ceci en grande partie dû à l’émergence de l’économie numérique.
Hier, dans les usines chinoises, les salariés étaient facilement contrôlables : pas d’accès à l’information, loisirs contrôlés par l’état.
Aujourd’hui, la Chine doit faire face à une population qui entend des bruissements extérieurs. Depuis l’ouverture capitaliste de ce pays, l’échange des marchandises avec l’étranger s’est accompagné d’un flux de plus en plus important de personnes.

Là où une répression violente au Tibet était passée sous silence, il faut maintenant faire face à des étrangers qui affluent dans le pays accompagnés de leurs journaux et autres ordinateurs portables plein de vidéo.
Les hôtels eux-même doivent proposer CNN, TV5 ou BBC dans les chambres pour contenter les visiteurs.
En voyage professionnel à Canton, j’ai pu me rendre compte que les journaux locaux (China Today) ne contiennent pas les même informations dans leur édition anglaise, mais de plus en plus de chinois comprennent cette langue.
Voilà comment pour la première fois l’Agence Chine Nouvelle (AFP locale) a parlé d’émeutes au Tibet. Bien sûr, la présentation reste très pro-chinoise mais on sent les choses bouger.
Et les JO dans tout ça ?
L’appel au boycott est pour moi une façon de remettre la chape de plomb sur ce pays.
C’est vrai qu’il est bien plus simple de demander à des athlètes de se sacrifier pour nous plutôt que de tirer un trait sur le juteux marché chinois ou de décider en son âme et conscience de ne plus acheter des t-shirts Made in China…
Il n’en va pas de même pour les entreprises qui se rendent complices de la censure chinoise. Google et Yahoo ne sont à ce sujet pas des modèles du genre. Côté français, Thalès (l’état est actionnaire à 27%) est le fournisseur des antennes permettant le brouillage des radios et télévisions au Tibet.
Je pense que la venu de milliers de journalistes et de touristes cet été ne laissera pas la Chine intacte. Sur cette multitude, on peut espérer que certains ouvriront les yeux de ce peuple et essaimeront un vent de liberté.
Enfin, il serait aussi temps d’entendre nos hommes politiques si enclin à parler de droits de l’homme lors des échéances électorales et si discrets quand le problème se présente.
Le boycott de la cérémonie d’ouverture par tous les chefs d’états serait un symbole fort.
Je rêve d’athlètes sur le podium avec un drapeau tibétain. Ne serait-elle pas la plus belle image face à la censure ?
Permettez-moi de croire encore à la force des symboles…
25 fév
“Pauvre con !”. Choquant comme expression.
Pas “petit con” ou “couillon”, non “pauvre con” ! Avec tout ce que ça suggère de condescendance.
Dans la bouche d’un Président de la République, c’est encore plus perturbant. En fait, ce qui me choque le plus c’est la désacralisation de la fonction.
La réaction face aux insultes des marins prêcheurs en Bretagne n’était déjà pas à la hauteur de la stature présidentielle. Insulter le Président de la République est quelque chose de condamnable, cela est même honteux. Cependant Nicolas Sarkozy n’a pas à se battre sur ce terrain-là.
Malgré ce qu’on veut bien nous faire croire, le Président de la République n’est pas une personne comme les autres, c’est d’ailleurs la seule à être au-dessus de la loi.
Et là, j’en viens à l’autre événement qui m’énerve : la saisie de la cours de cassation par Nicolas Sarkozy pour contester la décision du Conseil Constitutionnel sur la rétention de sécurité.
Et là, on touche a un autre garant de l’ordre, de la rigueur républicaine. Ici c’est donc le Président de la République qui saisie la justice contre ces fameux sages.
Au moment où on parle d’un retour aux valeurs morales, cette perte de repères politiques et hiérarchiques donne un seul message : traiter Nicolas Sarkozy comme votre égal et la justice est contestable.
Il y a tout simplement une différence entre “être près du peuple” et “faire comme le peuple“.
31 jan
Telle est la nouvelle façon de voir la culture en France…
Un postulat de base : supprimer la publicité sur France Télévision (on passera sur le bien-fondé d’un tel postulat).
Mais comment financer tout cela ?
Simple : il suffit de regarder un peu l’occupation des gens… quand ils ne regardent pas la télévision !
Pour la première fois, les jeunes passent plus de temps sur Internet que devant leur téléviseur. Taxons Internet !
Et sinon, ils font quoi les gens ? Ah ils téléphonent avec leur mobile. Taxons ça aussi !
Je sais, c’est une peu simpliste comme raisonnement. Seulement voilà, j’ai du mal à accepter ce principe qui fait que moins on regardera la TV et plus on paiera pour la financer…
Finalement, France Télévision sera vraiment très riche quand tout le monde téléphonera ou surfera plutôt que regarder “Questions pour un Champion” !
Fallait y penser…