Le blog qui prend le temps de s’énerver
24 avr
On a eu les moines birmans, les réfugiés du Darfour, la maladie d’Ingrid Bétancourt ou encore les protestations tibétaines.
Toutes les semaines, la classe politique ainsi que les people se désolent, pleurent, marchent ou, même, chantent…
Le malheurs des uns succèdent aux malheurs des autres, sans jamais se retourner.
Qui peut encore me parler du problème en Birmanie ? Qui peut me donner le nombre de réfugiés au Darfour ? Qui sait si le pécheur thaïlandais a enfin retrouvé une barque depuis le Tsunami ?
Et qui pourra me dire le mois prochain combien de morts il y a eu au Tibet et pourquoi ?
J’admire cette faculté qu’ont certains pour oublier.
Et si je crois fortement que les associations suivent ces problèmes de près et font un énorme travail, je hais spar contre cette façon de promouvoir une catastrophe comme un produit à la mode.
Une fois la catastrophe bien expliquée avec de belles images (attention, tristes pas trop dérangeantes les images), les politiques, people et autres bobos n’ont plus qu’à s’indigner pour redorer leurs images à bon compte.
Et puis, comme toute mode, une catastrophe en chassera une autre, il faudra alors penser à s’indigner sur la suivante…
Et moi dans tout ça ?
Je ne suis pas meilleur que les autres, je sais simplement que les tibétains soufrent depuis longtemps, que les réfugiés du Darfour n’ont pas bougé de leur camps, que Ingrid (comme on dit pour faire bien) n’est pas la seule otage dans le monde…
En fait, j’essaie simplement de suivre ses événements une fois passés de mode. Et pour cela, rien de mieux qu’internet !
Allez, je vous offre quelques liens pour regarder en arrière :
“J’y pense et puis j’oublie. C’est la vie, c’est la vie.” (Jacques Dutronc)
21 avr
La course aux scoops a fait 2 victimes cette semaine. Je vous rassure des victimes ressuscitées !
C’est d’abord la nécrologie de Yves Saint-Laurent qui a été diffusée sur LCI jeudi dernier à la place de celle d’Aimé Césaire.
Quant à Pascal Sevran, il a aujourd’hui eu la “chance” de découvrir la sienne sur Internet (Wikipedia, Europe1.fr) mais aussi en direct sur France 2 dans l’émission de Laurent Ruquier.
Je n’ose imaginer le choc de ses personnes en voyant cela…
Encore une belle preuve de rigueur journalistique.
Et vous, vous la voyez comment votre nécrologie ?!?
2 avr
Cette semaine on apprend que l’Autorité des marchés financiers (AMF) a confirmé les soupçons de délits d’initiés envers 17 dirigeants d’EADS et le lancement d’une procédure de sanctions.
Pour rappel, en 2006, suite à l’annonce d’un retard de plusieurs mois du programme Airbus 380, l’action de la maison-mère EADS avait plongé de près de 30%.
Or il a été rapidement révélé que des dirigeants avaient vendu leurs actions quelques semaines plus tôt.
En ce début d’été 2006, ces personnes, dont le président Noël Forgeard, ont juré ne rien connaître de l’éventualité de ces retards.
Pourtant, à cette époque, tout Toulouse bruissait de rumeurs concernant l’A380.
Je ne travaille pas pour Airbus ni pour aucun de ses sous-traitants, mais je suis Toulousain. Ici tout le monde connait quelqu’un qui travaille pour Airbus. Depuis plusieurs mois, il était évident pour ces salariés que les plannings étaient intenables.
Les medias parisiens, y compris les “spécialistes” de l’aéronautique, ont semblé découvrir l’existence de ces retards le jours de l’annonce officielle. Quelle plaisanterie !
Alors si toute une ville savait, comment des dirigeants pouvaient ignorer la situation ?
Cette histoire est une vaste hypocrisie et je peux d’ores et déjà vous annoncer un autre scoop : l’A400M (Airbus militaire) ne tiendra pas non plus le planning initial.
Il suffit de demander à quelques toulousains…
31 mar
Une pub bien faite et emblématique de la diffusion de l’informations en France…
Je me permets de relayer cette info découverte sur Presse-Citron car c’est une bonne cause.
16 mar
Voilà où nous mène la médiatisation à outrance de tous les conflits sociaux et l’utilisation de cette médiatisation par les politiques.
Bogny-sur-Meuse dans les Ardennes, suite à une mauvaise gestion par son patron, l’entreprise Lenoir-et-Mernier est en liquidation judiciaire. 130 salariés se retrouvent sur la carreau.
Un mois de combat de la part de ces laissés-pour-compte mais aucun média national ne daigne en parler.
A côté de ça, on voit des Julien Courbet “médiatiser” dans affaires de voisinages inextricables en les régler en direct. Magie de la télévision.
Les pécheurs ou les taxis font parler d’eux, le gouvernement lâche.
Il n’en faut pas plus pour se dire que sans médiatisation pas de salut. Je pense que c’est, hélas, un peu vrai et probablement l’un des plus grands maux de notre société future.
Voilà donc comment ces ex-salariés des Ardennes en viennent à poser cet horrible ultimatum : déverser 500 litres d’acide chlorhydrique dans la Meuse. Une idée ancienne puisqu’en 2000 dans un autre village des Ardennes, les salariés de Cellatex avaient mis leur menace à exécution.
La détresse de tous ces gens est difficilement supportable, peut-être trop pour le 13h de Jean-Pierre Pernaut. C’est pourtant la réalité d’aujourd’hui qu’il faut regarder en face et surtout ne pas s’en détourner.
Cependant verser cet acide me fait penser à scier la branche sur laquelle on se trouve. La pollution (quelle qu’elle soit) touche toujours les plus démunis en premier. Ce sera ici encore le cas, et le patron sera bien loin quand les ex-salariés passeront leur temps en péchant dans cette Meuse morte.
Espérons que cette situation se réglera de façon civilisée…
13 mar
En l’espace de quelques jours, le Web 2.0 français se retrouve ébranler par plusieurs affaires très similaires.
Wikio.fr, Lespipoles.com et Fuzz.fr se retrouvent devant les tribunaux pour l’apparition sur leur site d’un lien pointant vers des informations “people” d’un autre site.
Tous ces sites sont des agrégateurs de liens (des Digg-like comme on dit). Ils ne font que regrouper par catégories des liens vers des articles et ceci de façon automatique. Il n’y a aucune intervention du webmaster , en effet ça serait un peu comme demander à Google de vérifier la légalité de tous les liens qu’il propose !
Et pourtant, ces petits sites qui ne dégagent que très peu d’argent se retrouvent face à des stars médiatiques qui leur demandent des sommes faramineuses.
Eric de Fuzz.fr se retrouve donc un beau matin face à un huissier lui apportant une assignation en référé car son site a fait référence à un article (simplement le titre) d’un blog people. Pas de coup de fil avant, pas d’avertissement, simplement une assignation et une demande de dommages et intérêts de 30.000 euros ! Un simple mail aurait surement suffit à faire disparaître le lien (pour information, ce serait le cas pour ce site !!!).
Olivier Dahan (réalisateur de La Môme) a, pour sa part, envoyé devant les tribunaux Wikio.fr pour un lien vers le site Gala.fr. Heureusement, Wikio vient d’avoir gain de cause dans cette affaire.
Enfin, on peut citer Jean-Marc Morandini qui vient de trainer iMedias.biz devant la justice pour avoir relayé une séquence hébergée sur Dailymotion dans laquelle Raphaëlle Richi s’en prenait à l’animateur de W9. Bien sûr, il demande 20.000 euros de dommages et intérêts.
Dans toutes ces affaires, on notera que les informations (ou rumeurs) incriminées avaient été largement diffusées par de grands media (presse, TV…) mais ce sont les petits sites qui sont pris pour cible.
Espérons que cette nouvelle mode s’arrêtera là pour ne pas freiner les ardeurs créatives de la communauté 2.0 française…
Et en attendant je soutiens tous ces webmasters qui en ont bien besoin.
[Mise à jour du 18 mars]
Eric nous apprend que le plaignant est Olivier Martinez et que sa chasse concerne d’autres sites web, plus d’infos sur Presse Citron.