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Le blog qui prend le temps de s’énerver

Archive pour la catégorie ‘Media

Après quelques petites semaines d’activité réduite, le blog va doucement reprendre son rythme normal. Il faut bien dire que les infos énervantes s’enchainent pas mal ces temps-cit…

J’ai donc hésité quelques temps avant de choisir quel sujet traiter.

C’est finalement la proposition de Valérie Pécresse qui a remporté la palme : instaurer un quota de 30% de boursiers dans les grandes écoles.

Cette initiative est symptomatique de la situation actuelle, que ce soit politique ou médiatique.

Populisme politique

Revenons tout d’abord sur les faits :  la semaine dernière, la ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche veut remédier au défaut de représentativité nationale parmi nos élites.
Le postulat est tout à fait louable.

Mais là où le problème arrive, c’est qu’au lieu de chercher la cause, on force la conséquence. Au lieu de chercher à comprendre pourquoi les classes modestes de notre société sont moins représentées, on force cette représentativité.

Evidemment, les responsables des principales écoles crient au scandale. Mais peut-on leur reprocher ?

Il faut savoir que les grandes écoles recrutent sur concours. Les meilleurs sont donc pris, sans aucune distinction.

Un quota imposerait donc mathématiquement une baisse de niveau puisque 30% de personnes en moins seraient prises à ces concours pour laisser la place à des personnes qui n’auraient pas figuré en tête de classement.

C’est simple et mathématique. Pas besoin d’avoir fait une école d’ingénieur pour comprendre cela.

Populisme médiatique

Mais une information pareille ne plait pas qu’à nos personnages politiques qui en profitent pour se donner l’image d’un Robin des Bois contre les méchants bourgeois. Les médias se régalent aussi.

Quel plaisir pour un journaliste que de pouvoir pointer du doigt ces grandes écoles qui ont formé la plupart de leurs directeurs !

Les exemples se sont multipliés à ce sujet les jours suivants, je n’en retiendrai qu’un pour ma démonstration : Nicolas Poincarré dans l’émission C à Vous sur France 5 (excellente émission au demeurant).

Voici donc un bel exemple de démagogie journalistique.

Et je vais lui répondre point par point :

  • l’exemple de l’équipe de Hand n’est pas si mauvaise. Quand on cherche les meilleurs, on ne choisit pas en fonction d’un critère autre que celui de la discipline d’excellence recherchée
  • pour la médecine, il raconte tout simplement n’importe quoi. En médecine, il ne suffit justement pas de travailler à la fac pour réussir. La plupart des élèves sont obligés de se payer des cours privés le soir à des prix exorbitants. Il est alors évident que l’élève boursier part avec un très gros handicap car il ne peut se payer ces cours. A l’inverse, les classes de prépa se suffisent en général à elles-même pour réussir un concours. De toute façon, les élèves n’ont tout simplement pas le temps de suivre des cours le soir ! Pas besoin d’être dans un grand lycée pour y rentrer, il suffit de très bien travailler en terminale dans son lycée de province (j’en suis l’exemple). L’argument est donc complètement faux et même il devrait être un contre-argument.
  • enfin, les directeurs de grandes écoles ne refusent pas du tout d’avoir 30% de boursiers mais seulement de fixer un quota qui, comme je le disais plus haut, ferait forcément baisser le niveau.

Si Nicolas Poincarré, comme tous ces collègues, devait vraiment s’énerver pour quelques choses, ce devrait être sur les raisons pour lesquelles les boursiers réussissent moins dans les concours.

Il y a de multiples raisons à cela mais en particulier des logements chers qui entrainent de nombreux effets : besoin de travailler le soir, condition de travail difficile, transports longs et fatigants…
Voilà de vraies raisons d’énervements !

Allez, arrêtons ce populisme de bas-étage en 2010.
Et d’ailleurs : bonne année à tous !!!

Bon, c’est clairement ma semaine Ségolène Royal. Mais ça fait tellement de bien de rire…

La très sérieuse BBC a elle aussi traité de l’affaire du site web de Désirs d’Avenir.

Ce site aura au moins eu le mérite de déclencher un énorme fou rire sur le plateau du journal télévisé. A défaut de donner une image moderne de la France…

Je retire la vidéo, je me suis fait avoir comme un bleu.
Je n’avais qu’à pas baisser le son en la jouant… Ca m’apprendra.
Et merci à bdph65 pour m’avoir remis dans le droit chemin !

Par contre, l’info en dessous en vrai !

Pour information, Ségolène Royal recherche des infographistes pour refaire son site.
Petit détail amusant, alors que l’œuvre actuelle a couté 42.000 €, cette fois-ci elle veut des bénévoles !

Le président de l’Assemblée Nationale, Jean-François Copé, profite de l’affaire Hortefeux pour dénigrer une fois de plus Internet.


Les 4 vérités – France 2

Pour lui, il faut donc avoir un débat sur « Internet et la liberté« .
Il dit même avoir « pensé à ce qui font votre métier, qui sont cameramans, reporters…« .

Quel est le rapport entre Internet et l’affaire Hortefeux ?
Quel amalgame veut-il faire ?

Pour rappel :

  • la vidéo de Brice Hortefeux a été tournée par un caméraman de la chaîne Public Sénat (avec carte de presse et tout et tout)
  • la vidéo a été diffusée pour la première fois par le quotidien Le Monde sur son site Internet (pas encore de vidéo dans les journaux-papier)
  • la vidéo a été largement relayée par tous les médias traditionnels (journaux télévisés, radios)

Voilà, c’est tout mais il me semblait que ce petit rappel pouvait avoir son importance.

Source vidéo : Arrêt sur Image

Un petit coup de gueule rapide du dimanche soir…

Nicolas Sarkozy a donc eu un malaise vagal cet après-midi. Bon, ouais, il est normal d’en parler.

ITV, sarkozy et le malaise

Mais là, c’est grotesque. Toutes les chaînes ne parlent que de ça dans leurs journaux et les chaînes infos sont en édition spéciale : trajet de l’hélicoptère de Versailles à l’hôpital, réaction de la classe politique, intervention de médecins, duplex…

Stooooooooooop !

Ce n’est qu’un malaise vagal, un terme médical pour parler d’un étourdissement, même pas une perte de connaissance !

De la chaleur, des efforts physiques, un peu de stress, une grossesse (ouais, bon, là…), ça arrive à tout le monde.
Alors stop ! On reprend une activité normale.

Cette semaine avait tout pour être tranquille d’un point de vue journalistique. Les reportages sur les prochaines élections, le lundi de Pentecôte ou les agriculteurs en colère étaient déjà dans la boîte.

Et patatra, dimanche matin, le vol Paris-Rio a disparu !

Et tout le problème est là : « disparu » signifie « pas d’image », « pas d’information ».

af447

Pourtant, depuis trois jours, la presse dans son ensemble se consacre exclusivement à cette tragédie.
Quitte à ne rien dire…

Voici le contenu de votre journal favori (TV, presse écrite, radio) en ce moment :

  • L’information à chaud tout d’abord avec un envoyé spécial en direct : « Pas plus d’informations pour le moment. Je reviens vers vous au cours du journal s’il y a du neuf ».
  • Un reportage d’investigation : les précédents crachs (avec des images impressionnantes)
  • Un invité ‘spécialiste’ sur le plateau (président du musée de l’air, scientifiques, pilotes…) : « Dans l’état actuel des choses, les informations fiables ne sont pas assez nombreuses pour émettre des hypothèses »
  • Un sujet « émotion » avec les photos des disparus, les visages défaits des familles.
  • Et tout de suite après, un sujet optimiste pour ne pas que la ménagère zappe : le chanceux qui a raté l’embarquement.
  • La page politique : le président est allé auprès des familles des victimes.
  • L’économie : l’entreprise qui a perdu dix de ses salariés dans le crash.
  • Point météo : la carte du ciel au moment de l’accident, le sens des alizés, les cumulonimbus…
  • Et même les journaux locaux ne sont pas en reste puisque chacun titre sur l’originaire de la région qui était dans l’avion.

Nous voilà donc au quatrième jour d’une couverture médiatique totale. Mais dans tout cela, pas l’ombre d’une information (ou presque).

Les élections européennes n’avaient vraiment pas besoin de ça…

Je savais qu’on allait bien rire avec cette campagne des européennes !

Tout le monde se plaint que les français ne s’intéressent pas à l’Europe. Soit…
Mais imaginez que même les créateurs du générique officiel de cette campagne ne savent pas combien le drapeau européen compte d’étoiles.

Vous pouvez recompter dans la vidéo, il y en a bien 16 au lieu de 12 !

Pour information, les 12 étoiles sont un symbole de perfection, de plénitude et d’unité, et non le nombre d’états.

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