Le blog qui prend le temps de s’énerver
3 juil
C’était à Rio, il y a 16 ans.
Aujourd’hui, cette petite canadienne doit être une adulte bien déçue…
Quoiqu’il en soit, elle doit avoir un très bon boulot vu ces talents d’oratrice !
[edit] Chritophe Jean, dans les commentaires, nous annonce avoir retrouvé la jeune fille et une interview d’elle en 2005.
30 juin
Demain, nous serons un peu tous les rois de l’Europe.
Non, non, on n’a pas gagné l’Euro, ça c’est les espagnols ! Nous, on a bien mieux : pendant 6 mois la France sera à la tête du continent.
Nos hommes politiques sont donc sur tous les fronts pour nous expliquer qu’ils vont tout faire pour redonner confiance en l’Europe.

Les premiers indices de cette nouvelle politique entièrement tournée vers Bruxelles sont d’ailleurs visibles depuis le mois dernier :
- Quand l’Europe interdit la pêche aux thons rouges, le ministre soutient les pêcheurs contre cette interdiction
- Quand l’Europe ne veut pas entendre parler de riposte graduée en matière d’internet, notre gouvernement prévoit de la voter au plus vite
- Et quand l’Europe ne veut pas de nouvelles taxes sur les fournisseurs d’accès, Nicolas Sarkozy l’augmente (de 0.5 à 0.9%)
Cette liste n’étant pas exhaustive, je vous laisse la poursuivre en commentaire…
Et je ne parle même pas des amendes qui menacent la France en matière d’environnement : nitrate ou OGM par exemple.
Là je crois qu’effectivement on est prêt à prendre les rênes du continent !
19 juin
Le 16 juin, la commission européenne a décidé de fermer la pêche aux thons rouges en Méditerranée.
D’après ces instances, les quotas annuels auraient été atteints 15 jours plus tôt que prévu.
Evidemment, cela ne fait pas du tout les affaires des pêcheurs qui ont annoncé qu’ils passeraient outre cette interdiction.
Encore une fois, cette affaire illustre l’aveuglement d’une profession qui a scié la branche sur laquelle elle était.
Mais c’est le volet politique qui est le plus désespérant.
L’appel à la désobéissance du Syndicat des Thoniers Méditerranéens (STM) a été suivi du soutien du ministre de l’agriculture et de la pêche.
Dimanche, Michel Barnier a même déclaré que si la Commission « ne revient pas sur sa décision, il y aura un vrai problème ! [...] Il y a un problème de confiance et il faut que la Commission fasse attention ».
Bien sûr, cela n’est qu’une façade médiatique puisque dans le même temps les permis de pêche ont été retirés aux bateaux concernés.
Mais comment ne pas être consterné par un ministre qui soutient des personnes qui vont à l’encontre de la loi, et cela juste dans le but de ne pas les contrarier.
Cela est d’autant plus risible que c’est ce même ministre qui condamnait il y a quelques mois les faucheurs d’OGM qui appelaient à la désobéissance civique !
La France sera présidente de l’Union Européenne à partir de la semaine prochaine et pour six mois, les grands écarts n’ont pas fini de nous surprendre !
20 mai
Quelle honte !
Ce 13 mai à l’Assemblée Nationale, la gauche a voté une Motion de Procédure sur la loi sur les OGM, 136 voix contre 135.
Devant les caméras, les députés de gauche ont bondi de joie sur leurs fauteuils.
Mais qu’ont-ils gagné ?
Ils ont simplement stoppée la procédure normale de l’élaboration de la loi. En particulier, le débat sur les amendements ne pourra avoir lieu.
D’ailleurs, 3 jours plus tard, une commission mixte paritaire a voté la loi dans son ensemble.
La gauche, qui a déjà fait face à cette situation quand elle était au gouvernement, connaissait bien sûr cette conséquence.
Si les députés ont bondi de joie, c’est otut simplement que cette victoire leur a permis de ne pas avoir à se prononcer sur les OGM, sujet qui fait débat dans la gauche plurielle…
De son côté, la droite ne sort bien évidemment pas la tête haute de cette histoire puisqu’elle explique ce cafouillage (couac il faut dire !) par un problème technique.
Le problème est tout autre et concerne la cohésion de façade de la majorité.
Mais les plus grand perdants sont encore une fois les électeurs qui n’auront pas eu droit à un débat de fond et un vrai positionnement des grands partis sur le sujet.
15 mai
Juste une petite brève pour que je ne sois pas le seul à être désespéré…
Pour faire le plein d’une voiture en biocarburant (50 litres), il faut utiliser 358 kg de maïs !
Cela correspond à la consommation annuelle d’un enfant dans un pays qui a le maïs comme aliment de base : Mexique ou Zambie par exemple.
Voilà, c’est dit et je suis toujours énervé.

Et vous, vous avez aussi des chiffres qui vous énervent comme celui-là ?
13 mai
C’est marrant comme après une semaine à New York, on se trouve finalement pas si mauvais que ça en matière d’environnement !
Imaginez que, là-bas, l’un des gros problèmes induits par l’augmentation de l’essence est la baisse de valeur des 4×4 d’occasion. Et je ne parle pas du ramassage des ordures qui est d’un autre âge.
Et pourtant…
La traversée de l’Atlantique m’a fait réalisé à quel point tout le monde se contrefiche des mers.
Une confirmation en arrivant : j’apprends que les pêcheurs bloquent le port des Sables d’Olonne car le diésel augmente. Le pécheur sur France 2 nous explique qu’il attrape moins de poissons qu’avant et que l’état doit l’aider.
Or le problème n’est pas le prix du pétrole (pas directement en tout cas) mais la surpêche.
Alors quelques données pour comprendre l’ampleur du problème :
Enfin, un exemple : le cabillaud (ou morue). Ce poisson qui a nourri des millions de personnes depuis des siècles aura disparu de nos assiettes d’ici la fin de la décennie.
Loin des yeux, loin du coeur
Hélas, les cris d’un bébé phoque ou d’un éléphant sont bien plus télégéniques qu’un cabillaud agonisant !
Des appels aux secours bruissent dans nos mers mais personne ne les entend.
Les plaintes de ce pêcheur à la télévision me fait, hélas, un peu penser à la colère des allumeurs de réverbères à l’arrivée de l’électricité…