Le blog qui prend le temps de s’énerver
15 avr
Et maintenant les “émeutes de la faim” !
Nouveau drame planétaire (dé)couvert par nos médias..
Hélas, ces émeutes télévisées ne sont que la partie émergée d’un iceberg bien ancien.
Si le pouvoir d’achat truste nos journaux télévisés, il faut bien se rendre à l’évidence, ce phénomène est mondial. Il n’a pourtant pas le même impact dans des pays où la nourriture représente la totalité des dépenses.
L’augmentation des matières premières (blé, maïs, riz ou haricots) est directement lié à notre politique jusqu’au boutiste en matière d’environnement après des années de laisser-aller.
Il y a encore un an de cela, une grosse voiture puissante représentait le pouvoir dans toute sa splendeur, quelque soit le milieu ou le coin du monde. Entre temps, une conscience environnementale de circonstance est apparue. On ne jure plus que par les voitures hybrides ou le biocarburant, même la Formule1 s’y met !
Je suis un fervent défenseur de la nature, je suis pour les petits gestes du quotidien, cependant j’essaie aussi de mesurer les conséquences de mes actes.
Du pétrole dans l’assiette
A plus de 100$ le baril de pétrole, les plantes pour le biocarburant deviennent aussi chouchoutées qu’une plateforme en Mer du Nord, quite à supprimer des cultures vitales.
Voilà où nous en sommes arrivés pour “protéger la nature” avec nos biocarburants-qui-donnent-bonne-conscience :
Et ce n’est pas fini puisque pour rester dans la course, l’Union Européenne s’est donné comme objectif de passer à 10% de biocarburant d’ici 2020.
On pourrait aussi parler des tonnes d’engrais et de pesticides nécessaires pour une telle production…
Le rapporteur de l’ONU sur l’alimentation Jean Ziegler parlait déjà de crime contre l’humanité en 2005. Les récentes émeutes lui donnent aujourd’hui raison.
Comme lui, je suis de l’avis de demander un moratoire contre sur les biocarburants en attendant de trouver une matière première plus raisonnable; les déchets végétaux sembleraient être un voie bien plus éthique.
Le remède est quelque fois pire que le mal…
10 avr
A l’Assemblée Nationale, on débat actuellement sur les dispositions d’un Grenelle de l’Environnement finalement bien encombrant.
Les journalistes, comme l’opposition, braquent comme toujours leurs regards vers les petits à -côté si télégéniques : en ce moment, c’est l’affaire Kosciusko-Morizet.

Pourtant il vient encore de se produire une spécialité bien française : la création d’une loi pour suppléer une loi inappliquée.
En France, quand l’application d’une loi ne convient pas au législateur, on ne la modifie pas et on en crée une autre !
Ici, le cas vient encore de se présenter à propos des faucheurs de champs OGM.
Passons sur le débat que suscite cette démarche plus ou moins citoyenne, ces actions tombent sous le coup de nombreux articles de lois comme, par exemple, la destruction de biens privés.
Cependant, la plupart du temps les jugent ne prononcent que des peines symboliques.
Qu’à cela ne tienne ! Inventons le délit de fauchage des cultures OGM (deux ans d’emprisonnement et de 75.000 euros d’amende).
Bravo ! Voilà maintenant comment le fauchage d’OGM ne sera plus puni par la même loi qu’une destruction de vitrine ou la dégradation de locaux techniques.
Mais tout le monde est content : les députés montrent qu’ils travaillent en votant des lois et les gens se sentent en sécurité.
Et si le Conseil Constitutionnel invalide tout ça plus tard, on dira que le gouvernement veut faire des choses mais qu’on l’en empêche.
Encore du temps et de l’argent pour pas grand chose…
28 mar
On apprend qu’une fois de plus l’Antarctique se disloque. Cette fois-ci c’est une plaque de 414 km² qui s’évapore, 4 fois Paris…
Alors arrêtons tout de suite les simplistes raisonnements qui disent que si la glace fond, cela fait monter le niveau de la mer. Essayez dans un verre, c’est faux.
Par contre, le raisonnement est bien plus vicieux que cela. La glace en Antarctique sert de bouclier de protection aux glaciers.
Si vos cours de géographie ne sont pas trop loin, vous vous souvenez que l’Arctique (au nord) n’est qu’un gros glaçon sur l’eau alors que l’Antarctique est une terre recouverte de glace.
Si cette glace marine fond :
La fonte du manteau terrestre Antarctique entrainerait une montée des eaux de 50 mètres ! On n’en est pas (encore ?) là .

Alors cher Monsieur Claude Allègre, appelez cela comme vous voulez mais le réchauffement est là et tout cela n’est plus un problème sémantique mais de survie.
Parlons tous d’une même voix pour tenter de limiter les dégâts.
«De monde meilleur on ne parle plus. Tout juste sauver celui-là .» (Jean-Louis Aubert)
16 mar
Voilà où nous mène la médiatisation à outrance de tous les conflits sociaux et l’utilisation de cette médiatisation par les politiques.
Bogny-sur-Meuse dans les Ardennes, suite à une mauvaise gestion par son patron, l’entreprise Lenoir-et-Mernier est en liquidation judiciaire. 130 salariés se retrouvent sur la carreau.
Un mois de combat de la part de ces laissés-pour-compte mais aucun média national ne daigne en parler.
A côté de ça, on voit des Julien Courbet “médiatiser” dans affaires de voisinages inextricables en les régler en direct. Magie de la télévision.
Les pécheurs ou les taxis font parler d’eux, le gouvernement lâche.
Il n’en faut pas plus pour se dire que sans médiatisation pas de salut. Je pense que c’est, hélas, un peu vrai et probablement l’un des plus grands maux de notre société future.
Voilà donc comment ces ex-salariés des Ardennes en viennent à poser cet horrible ultimatum : déverser 500 litres d’acide chlorhydrique dans la Meuse. Une idée ancienne puisqu’en 2000 dans un autre village des Ardennes, les salariés de Cellatex avaient mis leur menace à exécution.
La détresse de tous ces gens est difficilement supportable, peut-être trop pour le 13h de Jean-Pierre Pernaut. C’est pourtant la réalité d’aujourd’hui qu’il faut regarder en face et surtout ne pas s’en détourner.
Cependant verser cet acide me fait penser à scier la branche sur laquelle on se trouve. La pollution (quelle qu’elle soit) touche toujours les plus démunis en premier. Ce sera ici encore le cas, et le patron sera bien loin quand les ex-salariés passeront leur temps en péchant dans cette Meuse morte.
Espérons que cette situation se réglera de façon civilisée…