“Pauvre con !”. Choquant comme expression.
Pas “petit con” ou “couillon”, non “pauvre con” ! Avec tout ce que ça suggère de condescendance.

Dans la bouche d’un Président de la République, c’est encore plus perturbant. En fait, ce qui me choque le plus c’est la désacralisation de la fonction.

La réaction face aux insultes des marins prêcheurs en Bretagne n’était déjà pas à la hauteur de la stature présidentielle. Insulter le Président de la République est quelque chose de condamnable, cela est même honteux. Cependant Nicolas Sarkozy n’a pas à se battre sur ce terrain-là.

Malgré ce qu’on veut bien nous faire croire, le Président de la République n’est pas une personne comme les autres, c’est d’ailleurs la seule à être au-dessus de la loi.

Et là, j’en viens à l’autre événement qui m’énerve : la saisie de la cours de cassation par Nicolas Sarkozy pour contester la décision du Conseil Constitutionnel sur la rétention de sécurité.

Et là, on touche a un autre garant de l’ordre, de la rigueur républicaine. Ici c’est donc le Président de la République qui saisie la justice contre ces fameux sages.

Au moment où on parle d’un retour aux valeurs morales, cette perte de repères politiques et hiérarchiques donne un seul message : traiter Nicolas Sarkozy comme votre égal et la justice est contestable.

Il y a tout simplement une différence entre “être près du peuple” et “faire comme le peuple“.